Plusieurs opérateurs européens de station de recharge hydrogène s'associent dans un consortium pour parler d'une seule voix aux transporteurs et mettre en avant le réseau de ravitaillement déjà en place.
DR HYmpulsion
Mobilité hydrogène : la filière tente de jouer collectif pour pallier à la morosité ambiante
Face à un démarrage plus lent qu'espéré à l'hydrogène dans les mobilités lourdes, plusieurs opérateurs européens de stations de recharge viennent de créer H2 Infra Alliance. Le consortium entend militer auprès des transporteurs pour massifier les usages et faire baisser le prix de la molécule.
La filière a essuyé plusieurs revers en 2025, comme en témoignent la liquidation de McPhy, le plan social engagé chez Symbio après l'abandon par Stellantis de son projet de VUL et plus récemment l'arrêt du projet de conversion des bus de la métropole dijonnaise. Des évènements qui ont jeté le flou sur l'avenir d'une filière qui a pu manquer d'un soutien étatique fort, mais qui ne remettent pas en cause le potentiel de la molécule pour la mobilité lourde, estiment les opérateurs de stations.
Six d'entre eux - Hympulsion, Teal Mobility, Hydri, Fountain Fuel, H2Mobility et Virya Energy - se sont récemment rapprochés pour fonder H2 Infra Alliance. Cette alliance européenne vise à mettre en lumière le maillage de stations déjà ouverts, mais aussi à parler d'une seule voix aux transporteurs.
Un réseau encore sous-exploité
Car aujourd'hui, la demande demeure encore largement insuffisante, même si celle-ci croît doucement. «Il existe un retard par rapport aux perspectives réalisées il y a quelques années. Le réseau est encore sous-exploité », concède Alexis Tronchet, directeur stratégique chez Teal Mobility, qui pointe néanmoins des divergences entre les pays.
« Nous sommes toujours dans l'histoire de la poule et de l'oeuf : qui se lance en premier, l'infrastructure ou les véhicules ? », résumait Jean-Christian Beaumont, directeur général exécutif d'Hympulsion, pour décrire la situation qui règne aujourd'hui, lors du salon Solutrans, organisé fin 2025 à Lyon.
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L'alliance récemment créée entend justement mettre en avant les acquis déjà réalisés, notamment l'existence d'un réseau européen structuré de 92 stations publiques capables de ravitailler des véhicules légers et des camions. Une quarantaine de stations supplémentaires sont déjà prévues d'ici 2028, montant à 1.800 camions par jour la capacité de ravitaillement. Ce, autour de trois principaux trois corridors entre la France et les pays voisins, des axes qui correspondent aux trajets longue distance effectués par les transporteurs.