Hydrogène : l’heure de vérité pour McPhy et sa gigafactory
Marie Lyan, avec Marine Godelier et Anne Taffin
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La gigafactory de McPhy, livrée tout récemment en juin 2024, fait partie des actifs qui seront scrutés de près lors de l'audience au tribunal de commerce prévue ce mardi à Belfort.
Ce mardi, le tribunal de commerce de Belfort devra se prononcer sur la liquidation ou la reprise des actifs de l’isérois McPhy, qui venait de livrer l’an dernier sa gigafactory dans un contexte de marché hydrogène toujours attentiste. Trois candidats sont en lice sur des périmètres différents.
Hasard du calendrier : c'est ce même jour que la Commission européenne publie son acte délégué sur l'hydrogène bas-carbone. Un texte attendu, censé permettre aux industriels de décarboner leur production à partir de l'électricité du réseau. Pendant ce temps, à Belfort, l'avenir de McPhy, le fabricant d'électrolyseurs, se joue devant le tribunal de commerce.
Depuis le 10 avril, la société iséroise, en proie à des difficultés financières, avait été placée en procédure de conciliation. Le 4 juin dernier, celle-ci avait basculé sur l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire, ouvrant la voie à la recherche de repreneurs.
Face à la montée en puissance de la concurrence étrangère et à des usages de l'hydrogène encore trop timides en France et en Europe, McPhy s'est retrouvée en difficulté. Malgré la mise en service de sa première gigafactory en juin 2024 à Foussemagne, près de Belfort, la pépite française faisait face à des objectifs devenus inatteignables.
« McPhy était presque prêt trop tôt, alors que le marché n'avait pas encore démarré et devrait désormais débuter enfin d'ici à quelques mois », estime Christophe Grudler, député européen et coordinateur de la commission Commission Industrie, Recherche, Énergie (ITRE) au parlement européen, contacté par La Tribune. Car selon lui, la directive sur les aides d'état et la promulgation de l'acte délégué sur l'hydrogène bas carbone ouvre encore un avenir aux entreprises françaises de production d'électrolyseurs comme McPhy. « Ce sont autant de signaux donnés en faveur de l'investissement dans les actifs français des électrolyseurs ». Même s'il le reconnaît, la compétition fait rage, notamment venue de Chine.
« McPhy est une belle société qui a rencontré des difficultés compte tenu du retard qu'a pris aussi la feuille de route hydrogène, que ce soit en raison de la dissolution puis de la censure du gouvernement », plaide Damien Meslot, président Les Républicains (LR) du Grand Belfort, lui aussi joint par La Tribune, qui rappelle que le fabricant d'électolyseurs avait déjà touché 30 millions d'euros en provenance du Projet important d'intérêt européen commun (PIIEC) hydrogène (sur quelque 114 millions d'aides promis par l'Union européenne pour la mise en route de sa gigafactory).
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