La chronique de Philippe Vandel. La presse libre, jamais trop

Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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Chaque semaine, Philippe Vandel passe en revue les médias.
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🔍 Ce scoop du Point au bifidus. Depuis la date de son incarcération, le 21 octobre, Nicolas Sarkozy se nourrit exclusivement de yaourts. L’ex-président de la République refuse de toucher aux plats qu’on lui sert en cellule, par crainte d’une assiette empoisonnée, ou que quelqu’un ait craché dedans.
🥼 Dans la foulée, l’hebdomadaire s’interroge sérieusement sur le « régime yaourt » : « Quelles conséquences pour la santé de Nicolas Sarkozy en prison ? » Le Point s’est adressé au Pr Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat, qui « a accepté [sic] d’analyser les risques d’un tel régime ». Quelle abnégation ! Imagine s’il avait refusé.
🥛 Que dit l’homme de science ? « Le yaourt apporte du calcium, des protéines, et un peu de minéraux », mais, poursuit l’hebdomadaire, « il manque cruellement de vitamines et d’acides gras essentiels. Pendant le premier mois, pas de danger vital ». Au moment où il s’exprime, le professeur ignore que Nicolas Sarkozy sortira de prison quelques jours plus tard, le lundi 10. Au-delà de quatre à huit semaines, le médecin redoute des conséquences cliniques : « “Des apports très protéinés et sans fibres sont synonymes de constipation.” La monodiète devrait aussi s’accompagner d’une perte de poids substantielle, complète Le Point. Puis surviennent progressivement fatigue, irritabilité, difficultés de concentration, cheveux et ongles cassants, troubles digestifs et anémie. » Les effets d’une monodiète ressemblent étrangement aux symptômes postélectoraux.
🧻 20 Minutes enquête à son tour : « Est-ce dangereux de ne manger que des yaourts ? » Ce n’est pas une question rhétorique. La nutritionniste Marine Lemagner y répond, avec un regard différent de celui de son confrère au sujet de la constipation : « Si ce régime venait à durer trop longtemps, […] “il y aura aussi un impact sur le transit avec très peu de selles, car les produits laitiers laissent peu de résidus. Pour couvrir les besoins caloriques, il faudrait en manger énormément, de l’ordre d’une vingtaine par jour pour un adulte.” »
🤮 Le lendemain, Le Parisien saisit la balle au bond et titre « Il a réglé ses problèmes de vomissement ». Sarkozy ? Non. Louis Bielle-Biarrey, ailier star du XV de France. Il y a un an, après une folle chevauchée et la victoire contre les All Blacks (30-29), le héros du match avait vomi sur la pelouse. « On a supposé que j’avais des problèmes avec mon intestin, raconte-t-il. J’ai suivi un traitement assez basique pour y remédier, j’ai réparé mes parois intestinales. Je n’ai plus vomi du tout pendant un match depuis, c’est satisfaisant. » Satisfaisant, c’est le mot.
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👬 Sans aucun rapport avec ce qui précède, le 11 novembre, Le Monde, le « quotidien de référence », donne dans l’investigation : « Ces clubs où des hommes se masturbent à plusieurs : “On est nus, on prend un verre, puis on ouvre les espaces de jeu” ». On devine la fin. Voici le début : « Qu’ils soient gay, bi ou hétéros, ces hommes se retrouvent sur des sites ou lors de soirées consacrées exclusivement à la masturbation. Une pratique ancienne, dont l’histoire est liée au sida, et qui se popularise depuis la pandémie de Covid-19. » Chacun sa définition du populaire.
🎤 Le lendemain, Libération n’est pas en reste. Le quotidien consacre une double page à la sortie de Kika, film en immersion dans le milieu du sexe tarifé, signé Alexe Poukine, jeune réalisatrice française. Elle a tourné en Belgique, où le travail du sexe est légal, notamment dans les « hôtels de discrétion ». C’est ici qu’elle a posé sa caméra, et non pas en studio. Libé interroge longuement la réalisatrice puis résume son propos en un titre (c’est le principe du titre) : « La plupart des sons de baise sont de vrais sons ». Et bim ! De l’info. Pas de commentaire. C’est à ces indices que l’on mesure la liberté de la presse et celle d’une nation.
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🇦🇫 À Kaboul, les talibans ont interdit le journalisme, mais aussi la musique, le cinéma, l’éducation et le travail des femmes, et leur droit de s’habiller librement. Mais ils ont un regret, relayé par BFMTV : « “L’Afghanistan est un des pays les plus vulnérables au changement climatique” : les talibans regrettent de ne pas avoir été invités à la COP30 ». On en est là. Alors, les histoires de yaourt… Comme dit ma maman : quand y a plus que ça qui va pas…