Love Me Tender, un titre si doux pour un film qui raconte tout le contraire, le parcours d’une mère à qui l’on refuse tout simplement le droit d’aimer son enfant. Ce fut d’abord un livre éponyme écrit à la première personne par Constance Debré, petite-fille de Michel Debré, nièce de Jean-Louis et Bernard, et véritable mouton noir d’une tribu où dominent des notables politiques de la Ve République. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la diplômée de l’Essec et avocate devenue romancière tendance autofiction s’emploie à rompre avec son milieu. Il faut dire tout autant que la société ne lui fait pas de cadeau et s’évertue, mais en vain, à lui faire courber l’échine.
Ce quatrième livre, publié en 2020 chez Flammarion, reflète parfaitement cette situation. L’autrice y racontait comment, après avoir affiché son homosexualité, elle fut privée, ou presque, de leur fils Paul par son ex-mari. Terrible récit des très longues années durant lesquelles rien ne fut épargné à cette mère qui voulait seulement qu’on lui laisse voir son fils librement. Jusqu’à s’interroger sur sa maternité, son identité, son existence même. Comme si le monde entier, public comme privé, se liguait pour lui refuser conjointement l’exercice libre de sa sexualité et son statut de mère.