Hafsia Herzi, actrice et réalisatrice : « Je reviendrai pour la Palme ! »
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Hasfia Herzi, actrice et réalisatrice française, derrière la caméra pour "La Petite Dernière".
LTD/Alexandre ISARD/PASCO&CO
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Hasfia Herzi, actrice et réalisatrice française, derrière la caméra pour "La Petite Dernière".
LTD/Alexandre ISARD/PASCO&CO
Elle a vécu une année décisive. Déjà césar de la meilleure actrice pour Borgo de Stéphane Demoustier en février, dix-sept ans après celui de meilleur espoir féminin pour La Graine et le Mulet d’Abdellatif Kechiche, l’actrice confirme, avec son troisième long-métrage, La Petite Dernière, adapté du livre de Fatima Daas, qu’elle fait désormais aussi partie des réalisatrices françaises qui comptent.
En compétition officielle au Festival de Cannes en mai, le film, magnifique récit d’émancipation lesbienne entre désir de liberté, loyauté envers le passé et injonctions religieuses, a raflé le prix d’interprétation féminine pour Nadia Melliti mais aussi la Queer Palm et séduit une critique unanime.
À 38 ans, celle qui a « choisi de durer » est devenue une figure incontournable du cinéma français, construisant patiemment une galerie de rôles complexes, sensibles et exigeants. Si on la rencontre à son hôtel en pleine fashion week, tout juste de retour du défilé de la maison Dior, cette enfant des quartiers nord de Marseille se « souvien[t] toujours d’où [elle] vient ». Elle nous raconte cette année si particulière et parle de son prochain film.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Avez-vous l’impression de franchir une étape dans votre parcours avec La Petite Dernière ?
HAFSIA HERZI — Oui, il s’est vraiment passé quelque chose. Pourtant, j’avais peur de faire une adaptation, car un livre, c’est tellement personnel pour son auteur… Mais j’ai eu un coup de cœur pour cette histoire aux valeurs qui me touchent et pour le personnage de Fatima, alors qu’elle est très loin de moi. J’ai aussi été frappée par l’absence de ce genre de personnage au cinéma : on raconte souvent l’homosexualité masculine mais plus rarement la féminine.
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Il fallait que ce personnage existe et c’est pour ça que la sélection à Cannes m’a touchée : j’avais envie de dire merci de mettre en lumière ce film, pour toutes celles et ceux qui sont dans la même situation que le personnage de Fatima, et merci pour le message de tolérance qui accompagne le prix d’interprétation de Nadia Melliti. Ce n’est pas mon film le plus personnel mais c’est celui qui m’a le plus bouleversée.
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