Les bons vins de Stéphanie de Boüard-Rivoal, présidente et copropriétaire d’Angelus, à Saint-Émilion
Propos recueillis par Anne-Charlotte de Langhe

Stéphanie de Boüard-Rivoal est la présidente et copropriétaire d’Angelus, à Saint-Émilion.
LTD/Deepix
Propos recueillis par Anne-Charlotte de Langhe

Stéphanie de Boüard-Rivoal est la présidente et copropriétaire d’Angelus, à Saint-Émilion.
LTD/Deepix
LA TRIBUNE DIMANCHE – Chez vous, quelle place occupe la cave ?
STÉPHANIE DE BOÜARD-RIVOAL – Une place importante, puisqu’elle est un lieu de mémoire autant que de transmission. On y trouve en effet des vins venant des caves de mes grands-parents, de mes beaux-parents, de mes parents ; j’y entrepose également des vins destinés à nos enfants – et, déjà, aux petits-enfants ! Certaines caisses ou flacons devant lesquels je passe régulièrement me rappellent invariablement des souvenirs de famille et me font penser aux personnes qui nous les ont offerts ou, a contrario, me font imaginer les circonstances dans lesquelles nos enfants les ouvriront.
Quel est son taux de remplissage ?
Relativement important, puisque la place commence à manquer. À vue d’œil, je dirais 85-90 %.
Un tire-bouchon à la main, à quoi pensez-vous ?
Au plaisir du partage qui va suivre, à l’harmonie de l’accord auquel je destine la bouteille que je m’apprête à ouvrir.
Plutôt vin de soif ou vin de garde ?
Vin de garde, sans hésitation. La dimension temporelle est pour moi essentielle dans le vin, et une immense majorité de grands vins ont besoin de vieillir.
L’arôme qui vous émeut le plus ?
C’est un arôme floral : celui de la violette, que l’on trouve souvent dans les vins issus de grands cabernets francs.
La bouteille que vous n’ouvrirez jamais ?
Il n’y en a pas. Tous les flacons de notre cave sont destinés à être ouverts, par nous-mêmes ou par nos enfants.
Qu’est-ce qu’on boit, alors ?
Un Angelus 2021, un millésime pour lequel j’ai une affection particulière : éclipsé par la trilogie grandiose des 2018, 2019 et 2020, il est passé relativement inaperçu. À tort, selon moi, car 2021 est à Angelus un millésime d’un classicisme réconfortant, plein de fraîcheur, d’arômes floraux subtilement épicés. C’est un vin d’une grande harmonie, vibrant d’énergie et de tension, qui se livre merveilleusement à un stade pourtant précoce.
Propos recueillis par Anne-Charlotte de Langhe