Concerts de Noël, illuminations et expositions : quand les cathédrales françaises revêtent leurs habits de fête

La Bonne Mère à Marseille vient d'être entièrement redorée.
LTD/Gilles Bader/LA PROVENCE/MAXPPP

La Bonne Mère à Marseille vient d'être entièrement redorée.
LTD/Gilles Bader/LA PROVENCE/MAXPPP
De la nef gothique aux cryptes millénaires, les grands monuments religieux se mettent à l'heure de Noël. Concerts, illuminations, messes exceptionnelles, expositions et visites insolites invitent à redécouvrir ces lieux emblématiques sous un autre jour, entre ferveur spirituelle et émerveillement artistique. Tour d'horizon de quelques rendez-vous immanquables, d'Amiens à Marseille, en passant pat le Mont-Saint-Michel, pour vivre les fêtes au coeur du patrimoine.
Amateurs d’orgue, c’est à Amiens qu’il faut fêter Noël ! « Réveillé » le 31 octobre après cinq ans de travaux, le grand orgue du XVe siècle, tenu par son titulaire Geoffrey Chesnier, accompagnera pour la première fois depuis 2019 la messe de la nuit de Noël, célébrée à 22 h 30 le 24 décembre par l’évêque de la ville, Mgr Gérard Le Stang (et l’office de Noël à 10 h 30 le 25), dans la plus grande cathédrale de France.
Sur le parvis de l’édifice gothique, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, le spectacle son et lumière Chroma (gratuit) projette chaque soir à 19 heures jusqu’au 28 décembre un déferlement d’illuminations et d’images numériques sur la façade de Notre-Dame d’Amiens. Une évocation de l’époque où les statues étaient peintes de couleurs vives qui émerveillera petits et grands.
Si la visite de la cathédrale – dont le volume (200 000 mètres cubes) est si grand qu’elle pourrait abriter deux fois Notre-Dame de Paris – s’impose en raison des chefs-d’œuvre qu’elle contient (labyrinthe, clôtures et stalles du chœur…), ne manquez pas la crèche contemporaine en argile aux lignes épurées, signée par l’Atelier d’Acos de Constance Flambard.
À ne pas rater non plus, la rétrospective foisonnante que le musée de Picardie consacre jusqu’au 4 janvier à Albert Maignan, « Un virtuose à la Belle Époque ». Grands formats d’histoire, allégories, scènes de la vie moderne, natures mortes, tableaux impressionnistes lumineux, vitraux : ce peintre méconnu « a déployé son style et sa peinture généreuse dans tous les genres », souligne Pierre Stépanoff, directeur du musée récemment rénové.
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Veillées, visites aux lanternes, chants, conférences… Placé sous le signe du merveilleux, le programme de la première édition de Mont et Merveilles, conçu par l’établissement public du Mont-Saint-Michel pour fêter Noël avec les communes de la baie, est des plus éclectiques. Les fidèles du sanctuaire verront sans doute la nef de l’abbaye sous un autre jour : elle sera éclairée jusqu’au 10 janvier par l’Arbre de lumière, sapin holographique venu d’Amsterdam, accroché à 13 mètres de hauteur (tous les jours de 10 à 18 heures ; tarif pour l’abbaye : 13 euros, gratuit pour les moins de 26 ans).
Les mélomanes se retrouveront au concert de Noël donné dimanche 21 décembre après-midi à 17 heures à l’église Saint-Pierre du Mont-Saint-Michel par La Chapelle harmonique (10 euros, gratuit pour les moins de 8 ans). Au programme : chants de Noël baroques et populaires réharmonisés pour quatuor vocal et instruments anciens.
Samedi 27 à 17 heures à l’hôtel de ville d’Avranches, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson invitera le public à découvrir les « piliers de la mer », des tours rocheuses isolées au large, objets de ses explorations (gratuit sur réservation, [email protected]). Il donnera aussi une conférence sur « le merveilleux » dimanche 28 à 15 heures, salle des Hôtes à l’abbaye du Mont (gratuit sur réservation, [email protected]).
Le 24 décembre à l’abbaye, la messe de minuit célébrée à 23 heures par les Fraternités monastiques de Jérusalem se terminera par un chocolat chaud ! Le must, c’est la messe de l’aurore, le 25 décembre à 8 heures à la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, crypte du Xe siècle située sous l’abbaye, ouverte pour l’occasion.
Tout juste restaurée et redorée (avec 40.000 feuilles d’or), la statue monumentale de la Vierge à l’Enfant qui surplombe Marseille depuis 1870 du haut du clocher de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde a retrouvé son lustre ! À « la Bonne Mère », comme disent les Marseillais, deux messes de minuit seront célébrées le 24 : à 16 h 30 pour les familles et à 23 heures. Le 1er janvier à 15 h 30, elle accueillera un temps de prière avec des représentants des cultes chrétien, musulman, juif et bouddhiste, présidé par le cardinal archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, qui y célébrera à 16 h 30 la messe de clôture du Jubilé.
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Une visite thématique, « Les secrets de Notre-Dame-de-la-Garde », avec accès à la sacristie et aux terrasses (habituellement fermées), est possible le 2 janvier à 10 heures (15 euros, inscription sur marseilleexperience.com). À voir aussi au musée de la Basilique : l’exposition « Trésors arméniens – 1512-1828 » (3 euros). Jusqu’au 4 janvier sur le Vieux-Port, la foire aux santons (tous les jours de 10 à 19 heures, jusqu’à 20 heures vendredi et samedi) réunit 21 artisans de Provence. L’origine locale des statuettes est garantie par la profession : l’un des fabricants, qui avait délocalisé sa production en Tunisie, a été exclu de la foire !