« C’est ma maison, je veux la retrouver » : en Ukraine, l'inquiétude grimpe face à un gel du front
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Le marché de Dniprovsky à Kherson (Ukraine), couvert de filets anti-drones.
LTD/Cyrille Amoursky
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Le marché de Dniprovsky à Kherson (Ukraine), couvert de filets anti-drones.
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Le bourdonnement est déjà là quand le train s’arrête en gare de Kherson. Un son régulier, métallique, que les habitants identifient sans hésiter. Un drone. Des policiers traversent le quai en courant. « Descendez au sous-sol, vite ! » En quelques secondes, la scène résume la réalité de la seule capitale régionale ukrainienne occupée par les Russes au début de l’invasion, libérée le 11 novembre 2022, mais toujours en première ligne depuis.
Ici, les discussions autour d’un éventuel plan de paix sont suivies avec inquiétude. Mardi, Paris va réunir les alliés de Kiev de la « coalition des volontaires » pour renforcer leur soutien, notamment en matière de garanties de sécurité et de partage des territoires.
À Kherson, la crainte est précise : un gel du front se ferait sur la ligne actuelle, qui sépare la petite rive droite ukrainienne à l’ouest – environ un quart des terres de la région – de la vaste rive gauche, à l’est, occupée par la Russie. Basées à moins de 5 kilomètres, les forces russes frappent quotidiennement la ville avec leur artillerie et surtout des drones FPV aux caméras embarquées.
Des quartiers entiers sont abandonnés, trop exposés et trop proches des positions de l’ennemi. Les crèches et les maternités fonctionnent au sous-sol. Olessia, 25 ans, accompagne chaque matin sa fille Varvara dans une crèche souterraine aménagée dans un ancien abri. « C’est le seul endroit où on peut voir des amis en sécurité », reconnaît-elle.
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Avant la guerre, la région de Kherson figurait parmi les piliers agricoles du pays. « En 2021, nous comptions environ 2.000 entreprises agricoles. Aujourd’hui, il en reste 500 », explique Dmytro Younoussov, directeur du département de l’agriculture de la région. La majorité des pertes concerne la rive gauche, historiquement la plus productive, avec 1,3 million d’hectares de terres cultivables, contre 540.000 sur la rive droite.
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