Diella, une ministre virtuelle pour combattre la corruption en Albanie : quand l'IA s'empare du pouvoir
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Diella, la ministre générée par l’IA, chargée de traquer la corruption en Albanie.
EPN/Newscom/SIPA
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Diella, la ministre générée par l’IA, chargée de traquer la corruption en Albanie.
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Diella survivra-t-elle au printemps ? Mardi, la Cour constitutionnelle albanaise, saisie par l’opposition au Parlement, va décider de l’avenir de cette ministre d’un genre particulier. Derrière cette quadragénaire en costume traditionnel se cache en effet une intelligence artificielle qui a « pris » le portefeuille des Marchés publics le 11 septembre dernier. Par cette nomination, une première mondiale, le Premier ministre Edi Rama entendait combattre la corruption, mal endémique dans ce pays des Balkans.
Conçue par une agence nationale et mise en service en janvier 2025, Diella (« soleil » en albanais) a d’abord été une simple assistance pour les démarches administratives. Son abattage – en septembre, elle avait délivré 36.600 documents et près de 1.000 services – a entraîné sa promotion au gouvernement. Avec pour objectif, dixit l’exécutif, d’attribuer des marchés publics exempts à « 100 % » d’influence politique.
Simple gadget, instrument neutre et redoutablement efficace ou actrice d’une dystopie cauchemardesque ? La ministre Diella est sans doute un peu de tout cela. Elle illustre en tout cas l’incursion de l’IA au cœur même de l’État et du régalien. Fin avril, le Premier ministre des Émirats arabes unis lançait ainsi « un nouveau cadre gouvernemental visant à transformer 50 % des secteurs et services de l’État émirati d’ici deux ans grâce à l’IA agentique ». L’IA agentique a ceci de particulier qu’elle n’est pas seulement capable d’analyser et de répondre à une requête, elle peut prendre des décisions et agir dans un cadre défini.