Au large du Danemark, la plateforme Tyra rouvre après cinq ans d’arrêt. Un redémarrage stratégique pour l’Union européenne, en quête d’autonomie énergétique avant l’hiver.
À 250 kilomètres des côtes danoises, la mer du Nord est grise et le rotor de l’hélicoptère martèle l’air. À l’horizon, un complexe métallique jaune sur pilotis surgit : c’est Tyra, immense plateforme gazière offshore qui a redémarré son activité après cinq ans d’interruption.
Son inauguration en ce mois d’octobre arrive à point nommé : à mesure que l’hiver approche, l’horloge tourne pour l’Union européenne. À l’heure actuelle, les stocks de gaz des Vingt-Sept ne sont remplis qu’à 83 %, soit 11 points de moins que l’an dernier à la même période. La faute, en partie, à des prix toujours très élevés.
Depuis 2022, les pays européens sont soumis à l’obligation d’atteindre 90 % de remplissage de leurs stocks au 1er novembre. L’an dernier, le Danemark avait échoué à atteindre cet objectif, et le pays scandinave avait imputé cet échec au redémarrage tardif de Tyra. Mais cette année, le site industriel opéré par TotalEnergies est fin prêt. Le gisement, en service depuis 1984, a nécessité 3,6 milliards d’euros afin de rénover les grues, les turbines et les pylônes flambant neuf.
Désormais, à plein régime, Tyra peut livrer 5,7 millions de mètres cubes de gaz par jour. Sur un an, la quantité est suffisante pour couvrir deux fois la consommation du Danemark.
Patrick O’shea, un Irlandais moustachu d’une cinquantaine d’années, est le chef de la plateforme. Il arpente les passerelles suspendues à 80 mètres au-dessus des vagues, avant d’indiquer deux immenses tuyaux jaunes qui s’échappent du module métallique et s’enfoncent dans la mer : « Le gaz qu’on extrait sort par ici. Une partie va vers le Danemark, l’autre vers les Pays-Bas. Mais à la fin le gaz est mélangé dans le réseau européen ».
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.