Mer du Nord : le Danemark inaugure un site d'enfouissement de CO2
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Le projet devrait permettre de stocker l'équivalent de 1,5% des émissions françaises.
Mike Blake
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Le projet devrait permettre de stocker l'équivalent de 1,5% des émissions françaises.
Mike Blake
En inaugurant ce mercredi 8 mars un premier cimetière de CO2 importé, le Danemark est devenu le premier pays au monde à enfouir le gaz à effet de serre venu de l'étranger.
Conduit par le géant britannique de la chimie Ineos et l'énergéticien allemand Wintershall Dea, le projet devrait permettre de stocker vers 2030 jusqu'à 8 millions de tonnes de CO2 par an, l'équivalent de 1,5% des émissions françaises ou 10% des émissions danoises.
Encore balbutiant et très coûteux, le captage et stockage de carbone (« CCS ») consiste à capturer puis à emprisonner le CO2, principal responsable du réchauffement planétaire. Plus de 200 projets sont actuellement opérationnels ou en développement dans le monde.
La particularité de Greensand est que, contrairement aux sites existants qui séquestrent le CO2 d'installations industrielles voisines, il fait venir le carbone de loin. « Le CO2 est capturé en Belgique, et bientôt en Allemagne, chargé sur des navires dans le port d'Anvers », a précisé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qualifiant cela de « réussite européenne en matière de coopération transfrontalière ». « Ce projet est bénéfique pour notre industrie et pour le climat », a-t-elle vanté.
Acheminé par mer vers la plateforme Nini West, à la lisière des eaux norvégiennes, le gaz est injecté dans un réservoir à 1,8 km de profondeur. Pour les autorités danoises, qui visent la neutralité carbone dès 2045, c'est un « instrument indispensable dans notre boîte à outils climatique ».
Le sous-sol danois contient un potentiel de stockage supérieur aux émissions du pays, ce qui permet d'y stocker également le carbone étranger. Plus globalement, la mer du Nord est une région propice à l'enfouissement. Et pour cause, elle abrite de nombreux gazoducs et réservoirs géologiques vides après des décennies d'exploitation pétrogazière. Le site de Greensand est justement un ex-gisement de pétrole.
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Greensand n'est d'ailleurs pas le seul projet dans la région. Ainsi, près de lui, le géant français TotalEnergies va explorer le potentiel d'enfouissement à plus de deux kilomètres sous les fonds marins. Objectif affiché, emprisonner cinq millions de tonnes chaque année à horizon 2030. La Norvège voisine, pionnière du CCS, va aussi accueillir d'ici quelques années des tonnes de CO2 liquéfié, en provenance du Vieux Continent. Principal producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, le pays posséderait également le plus gros potentiel de stockage de CO2 du continent.
Reste que les quantités stockées restent faibles par rapport aux émissions. L'Union européenne a émis 3,7 milliards de tonnes de gaz à effet de serre en 2020, année pourtant plombée par la pandémie, selon l'Agence européenne pour l'environnement.
Longtemps perçue comme une solution techniquement compliquée et coûteuse à l'utilité marginale, le CCS est désormais jugé nécessaire aussi bien par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) que l'Agence internationale de l'énergie. Ce n'est toutefois pas une solution miracle.
Gourmand en énergie, le processus de captage et stockage du CO2 émet lui-même l'équivalent de 21% du gaz capturé, selon le think tank australien IEEFA. En outre, la technique n'est pas sans risques, prévient le centre de recherche, citant le risque de fuites aux conséquences catastrophiques.
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Chez les défenseurs de l'environnement, la technologie ne fait pas l'unanimité. « Cela ne règle pas le problème et prolonge les structures qui sont nuisibles », fustige la responsable énergie de Greenpeace Danemark, Helene Hagel. « La méthode ne change pas nos habitudes mortifères », regrette-t-elle.
(Avec AFP)
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