LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment se porte Lazard après une année 2025 très agitée ?
JEAN-LOUIS GIRODOLLE — Nous venons d’annoncer de très bons résultats. Nous progressons dans nos deux métiers : le conseil financier et la gestion d’actifs, avec l’objectif d’au moins doubler notre activité entre 2023 et 2030. Dans le conseil financier, que je dirige en France et en Europe, nos résultats nous placent parmi les toutes meilleures banques d’affaires et ont atteint un record, malgré des contrastes marqués. Les marchés financiers et les acteurs des fusions-acquisitions avaient attendu de la nouvelle administration américaine d’abord la dérégulation, l’abaissement des exigences antitrusts, la relance de l’économie, voire la baisse des taux d’intérêt : un contexte très porteur pour les opérations financières. L’annonce en avril d’une très forte hausse des droits de douane a été une douche froide, qui a conduit la plupart des entreprises et des investisseurs à suspendre temporairement leurs projets.
Avant une reprise de l’activité ?
Au dernier trimestre, les fusions-acquisitions ont accéléré. Aux États-Unis et en Europe. Ainsi qu’en France, où le marché a enregistré une croissance de près de 30 %. Même si les entreprises françaises et européennes ressentent toujours la nécessité de diluer leur exposition en France et en Europe, pour se renforcer dans des zones de forte croissance. D’autant plus que les entreprises françaises, dans leur très grande majorité, bénéficient de très bons bilans, avec beaucoup de financements disponibles, bancaires comme en dette privée, pour les accompagner dans leurs projets.