Comment la Belgique s'est adapté à la réforme de la facturation électronique

La Belgique s'est adaptée petit à petit à la facturation électronique.
LTD/Andrey Popov/Shutterstock

La Belgique s'est adaptée petit à petit à la facturation électronique.
LTD/Andrey Popov/Shutterstock
Comme dans des dizaines d’autres pays, l’équivalent de la réforme de la facturation électronique (RFE) est déjà entré en vigueur en Belgique et les entreprises ne paraissent pas avoir rencontré, dans l’ensemble, de problèmes majeurs lors de cette transition. Depuis le 1er janvier 2026, toutes les entreprises belges assujetties à la TVA ont l’obligation d’émettre et recevoir leurs factures via la plateforme Peppol.
« Nous avons anticipé assez tôt, témoigne Benjamin Courtier, directeur général de l’agence digitale Jems Benelux, basée à Bruxelles, qui emploie 70 personnes. Les solutions existaient et étaient relativement simples à mettre en place. Concrètement, nous avons commencé à nous équiper environ trois mois avant l’obligation, avec une mise en application dès décembre 2025. »
Sans difficulté majeure, les outils étant prêts pour le passage à Peppol. « Nous n’avons pas eu besoin de changer notre logiciel de comptabilité ni celui de facturation. Notre banque proposait déjà des modules intégrant Peppol. De même, notre expert-comptable disposait de solutions compatibles. Le principal changement concerne les tâches à accomplir. Les équipes en charge des paiements ont dû s’approprier ces nouveaux outils, mais cela reste assez simple. En général, une demi-journée de formation suffit, d’autant plus que les interfaces sont plutôt intuitives. Nous avons eu quelques couacs avec des sous-traitants qui ne s’étaient pas encore approprié Peppol, mais rien de très important. »
Le cas de Jems ne semble pas isolé en Belgique, où la transition s’est faite sans trop de heurts. « Au début, il y a un effet de découverte : on clique pour envoyer une facture sans être totalement sûr qu’elle est bien partie, ce qui pousse certains à continuer à envoyer un e-mail en parallèle, explique Mickaël Renaud, de la société de conseil et d’ingénierie Boond, qui accompagne notamment des entreprises belges vers la RFE. Puis la confiance s’installe progressivement et les utilisateurs constatent que le système fonctionne. On observe alors une meilleure rigueur dans les paiements ainsi qu’une plus grande visibilité grâce aux statuts échangés entre les acteurs. »
Des avantages que relève lui aussi Benjamin Courtier, même s’il ajoute quelques inconvénients. « C’est plus simple, dans le sens où il n’y a plus de problèmes liés à la réception des factures. On évite les pertes, les erreurs, ou les e-mails qui arrivent dans les spams. De ce point de vue, c’est un vrai progrès. »
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« Mais c’est également moins souple, alerte-t-il. Tout est tracé et enregistré, ce qui limite certaines pratiques informelles. Par exemple, un fournisseur peut envoyer une facture qui correspond en réalité à un devis. Cette facture reste alors dans le système, même si elle ne sera jamais validée. Cela peut encombrer la visualisation et rendre la gestion un peu plus rigide. »