Automobile : quand le style rétro rime avec véhicules écolos

Le mouvement néo-rétro pousse les constructeurs européens à se tourner vers leur glorieux passé pour se faire remarquer.
Citroen

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Il suffisait de se promener en France cet été pour constater que la nouvelle Renault 5 remporte un vif succès. Les chiffres l’attestent, la 5 est numéro 1 des ventes de voitures électriques avec 20.000 exemplaires vendues depuis le début de l’année en France, dont 2.000 rien qu’en juillet 2025. La Tesla Model Y longtemps best-seller se voit reléguée à la 2e place avec seulement 10.800 exemplaires vendus sur la même période (talonné par la Citroën ë-C3 100 % électrique).
Il faut dire que la Renault 5 a tout pour elle avec son look ravageur qui lorgne vers les années 1970-1980, tellement à la mode depuis que la cassette audio, les sacs banane et les couleurs fluo ont refait leur apparition. Et si c’était enfin la voiture qu’on attendait pour voir décoller les ventes de véhicules électriques et permettre aux entreprises de se mettre en conformité avec les injonctions de la LOM qui impose le verdissement des flottes.
Indéniablement, la silhouette aguicheuse de la Renault 5 facilite le travail des gestionnaires de parcs automobile d’entreprise comme le souligne Philippe Quetaud, le patron du BtoB chez Renault : « On a un très bon démarrage de la Renault 5, elle est un atout pour aider et accélérer la transition du thermique vers l’électrique. Lorsqu’on propose à un collaborateur de rouler en Renault 5, il a moins de difficultés à franchir le pas, même s’il n’est pas convaincu par la motorisation électrique au départ. »
Car d’un point de vue purement technologique avec le choix entre trois moteurs de 95, 120 ou 150 ch et des autonomies revendiquées allant de 300 à 410 km, la citadine française offre d’excellentes prestations dès l’entrée de gamme à 24.990 euros avant les bonus. D’autant qu’elle est dotée d’une connectivité et d’un système d’infodivertissement dernier cri sans oublier les clins d’œil amusant avec son porte-baguettes de pain en osier.

Cette petite Renault est la preuve du succès du mouvement néo-rétro qui pousse les constructeurs européens à se tourner vers leur glorieux passé pour se faire remarquer. « Faire des véhicules attractifs, désirables et émotionnels, c’est une question de survie pour l’industrie automobile européenne face à l’avalanche des voitures chinoises », revendique le directeur du design Gilles Vidal qui a supervisé ce retour en grâce de la marque au losange entre 2020 et 2025.
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La Renault 4 enfonce le clou en reprenant les gimmicks stylistiques de son illustre devancière vendue à plus de 8 millions d’exemplaires de 1961 à 1992, pour se transformer en mini SUV afin de séduire les entreprises dans sa version commerciale sans banquette arrière (libérant un volume de 940 l et 345 kg de charge utile).
La tendance au néo-rétro consiste donc à reprendre des silhouettes de voitures du passé pour en faire des nouveaux véhicules modernes et aguicheurs. L’origine de ce phénomène peut dater de la VW New Beetle en 1998, suivie par la nouvelle Mini de 2001 et la nouvelle Fiat 500 en 2007, cette dernière écoulée à 2,5 millions d’exemplaires aussi bien chez les particuliers qu’en BtoB.
Nicolas Lévêque, le directeur marketing de Fiat France le rappelle volontiers : « Jusqu’à l’arrivée de la nouvelle 500, la taille de la voiture était un indicateur clair de la position dans l’entreprise, mais le look de cette jolie petite citadine disponible en version sport (Abarth) et même en cabriolet a complètement rebattu les cartes. Les collaborateurs étaient prêts à descendre en gamme et rouler dans une voiture d’un segment inférieur uniquement parce que c’était une Fiat 500. »
À noter que le responsable du programme Fiat 500 en 2007 n’était autre qu’un certain Luca de Meo, celui qui a relancé la Renault 5 pendant son mandat à la tête de la marque au Losange (2020-2025) avec son programme « Renaulution » On comprend mieux alors pourquoi Fiat retente le coup du néo-rétro avec sa nouvelle Grande Panda. « Nous voulions parler aux adeptes de la première Panda de 1980, qui reste un chef-d’œuvre de design minimaliste fonctionnaliste créé par Giorgetto Giugiaro », éclaire le directeur du design Fiat le français François Leboine.
L’effervescence autour de ce design vintage s’explique facilement maintenant que les moteurs des voitures électriques offrent globalement tous les mêmes performances et le même agrément de conduite, les seules variables à part l’autonomie est donc le look. L’Europe et sa tradition automobile séculaire peuvent vraiment tirer son épingle du jeu en termes de style face à l’industrie chinoise.
Chez les utilitaires, même combat avec le Volkswagen ID Buzz à la silhouette clairement inspirée du combi hippie des années 1960. Cette camionnette attire immédiatement le regard et la sympathie des passants. C’est ce qu’a remarqué Sandrine Crasnier, directrice des achats de Spie France, l’entreprise spécialisée dans le génie électrique et climatique (éclairage public, climatisation, réseaux de communications…).
Forte de ses 19.000 collaborateurs, répartis sur 300 sites, Spie dispose d’une flotte de 10.000 véhicules dont 40 % sont déjà à zéro émission. « Depuis deux ans nous proposons uniquement des véhicules électriques en renouvellement, explique Sandrine Crasnier, et depuis que nous avons des fourgonnettes Volkswagen ID Buzz 100 % électriques dans notre car policy [le document qui gère les règles d’utilisation et la liste des véhicules sélectionnés par l’entreprise, ndlr], nos collaborateurs se battent presque pour les conduire. Certains commerciaux nous ont même raconté qu’en présentation chez un client, le slide de la photo montrant un ID Buzz avec son look vintage a suscité plus de quinze minutes de discussion uniquement sur la voiture ! Le capital sympathie de ce néo-combi constitue un véritable atout pour accompagner notre démarche, et illustre concrètement l’engagement de Spie en faveur de la transition écologique. »
Le constat est le même chez le constructeur. Jérôme Donguy, chef des ventes de véhicules aux entreprises de Volkswagen France insiste : « Nos concessionnaires le remarquent au quotidien, les professionnels, qui constituent l’essentiel des clients de l’ID Buzz, utilisent ensuite systématiquement le véhicule comme vecteur de communication de leur société et le mettent en photo sur leur plaquette. » Le slogan publicitaire du fourgon « générateur de sourire » ne serait donc pas usurpé, comme le prouvent les autres grands comptes qui se fournissent chez VW comme Orange ou JC Decaux.
Avantage de cette fourgonnette ? Sa taille intermédiaire (4,7 m) lui permet de circuler en centre-ville dans les ZFE tout en embarquant jusqu’à 720 kg de marchandise dans son espace de chargement de 2,20 m de long pour un volume utile de 3,9 m³. On comprend alors pourquoi Renault prépare pour 2026 l’arrivée d’un utilitaire inspiré par la bonne vieille Estafette produite entre 1959 et 1980. La nouvelle fourgonnette 100 % électrique développée par Flexis, la coentreprise Renault, Volvo et CMA-CGM (propriétaire de la Tribune Dimanche), sera construite à 22,5 % en matériaux recyclés, et 80 % de l’ensemble des organes du véhicule seront recyclables en fin de vie.
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En attendant, les gestionnaires de flottes qui souhaitent proposer aux collaborateurs des utilitaires au look vintage, pourront aussi se rabattre sur les kits carrosserie néo-rétro de la société italienne Caselani permettant de transformer les nouveaux fourgons Citroën Jumpy ou Jumper électriques en imitation Type H, le fameux utilitaire en tôle ondulée fabriqué par Citroën entre 1948 et 1981. Dans la même veine, le carrossier Caselani a imaginé une transformation du Berlingo en une habile imitation de la fourgonnette de 2 CV. Mais si l’on a vraiment la fibre vintage chevillée au corps, mieux vaut peut-être directement se procurer de véritables véhicules anciens et les transformer en 100 % électriques : ce qu’on appelle le rétrofit.
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