Parmi les grandes villes de France, Lyon possède une spécificité : le 26 mars prochain, ses électeurs ne voteront non pas une, ni deux, mais trois fois. Pour leur conseil d’arrondissement et leur conseil municipal d’abord, à l’image de Paris et de Marseille. Mais aussi, depuis 2020, pour leur conseil métropolitain, « supermétropole » aux pouvoirs élargis aux compétences d’un département.
Cette situation va d’abord impliquer une organisation et des moyens supplémentaires : tout devra être multiplié par trois (panneaux, urnes, assesseurs etc.). Surtout, cette réforme exige une grande clarté devant les électeurs, afin de ne pas mélanger les sujets et les compétences. D’autant que certains candidats au conseil municipal pourront également l’être au conseil métropolitain et au conseil d’arrondissement, qui ne possède pas le statut de collectivité territoriale et n’intègre donc pas le cadre de la loi sur le non-cumul des mandats.
Pour Christophe Chabrot, docteur en droit public à l’université Lyon Lumière, il existe bien un risque de confusion. Car « mener une campagne pour la ville, c’est mettre en avant la Métropole, soit l’épicentre du pouvoir local », avec un budget de près de 4 milliards d’euros.
Cette dualité a d’ailleurs fait débat lors de l’examen de la nouvelle loi PLM : fallait-il retirer Lyon de la réforme, afin de ne pas ajouter de la confusion, ou bien repousser le scrutin métropolitain en le réalignant sur celui des départementales ? L’un des rapporteurs du texte, Jean-Paul Mattei (député MoDem), avait proposé un amendement en ce sens, finalement rejeté.