Pour Horizons et Renaissance, des signaux inquiétants. La chronique de Ludovic Vigogne

La chronique de Ludovic Vigogne
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Edouard Philippe et Gabriel Attal se sont affichés ensemble lors d’un meeting commun organisé mardi pour soutenir Pierre-Yves Bournazel, leur candidat à Paris. Dans quel état leurs partis respectifs Horizons et Renaissance ressortiront-ils des élections des 15 et 22 mars au niveau national ? Ces dernières semaines, ceux-ci ont enregistré des signaux plutôt inquiétants.
La semaine dernière, une série de sondages Ipsos publiés par le groupe Ebra a fait l’effet d’une douche froide pour les formations des deux anciens Premiers ministres. À Strasbourg, Pierre Jakubowicz, candidat Horizons soutenu par Renaissance, ne récolterait que 6%. À Besançon, Éric Delabrousse, également candidat Horizons soutenu par Renaissance, n’obtiendrait que 9%. À Grenoble, leurs prétendants se concurrençaient. Hervé Gerbi, tête de liste Horizons, rassemblait 5% et Pierre-Edouard Cardinal, celle de Renaissance, 6%. Ce dernier s’est au lendemain de ce sondage retiré. À la mi-janvier, c’était à Dijon, qu’une enquête Opinion Way avait laissé à Renaissance un goût amer. Sa candidate Fadila Khattabi, ex-ministre des gouvernements Borne et Attal, n’obtenait que 2%. Elle a depuis abandonné la partie.
Au-delà des questions de personne, l’ensemble de ces contre-performances est un mauvais signal pour les partis de Gabriel Attal et Edouard Philippe à moins de cinq semaines du scrutin, mais aussi dans la perspective des échéances de 2027. Elles sont l’illustration que même si les deux anciens Premiers ministres sont populaires, leurs étiquettes ne sont pas porteuses. Loin de là.
« Ce sont des boulets, estime même un proche de Gabriel Attal. Sans équation personnelle, elle ne permet pas de s’en sortir ». C’est d’ailleurs pourquoi le secrétaire général de Renaissance a d’ores-et-déjà annoncé le changement du nom de sa formation au printemps, très probablement en faveur de « Nouvelle République ». Autre constat : ce problème d’identification renvoie à un constat qui n’est pas nouveau : un déficit de positionnement clair alors que les autres offres LR ou PS semblent mieux identifiées et que le clivage droite-gauche demeure tenace au niveau local.
Par ricochet, les perspectives de gains de villes nouvelles semblent très limitées pour ces deux partis. Pour Horizons, il s’agira donc d’abord de ne pas perdre ce qui est acquis. En la matière, son portefeuille est riche. Le parti d’Edouard Philippe compte déjà dans ses rangs nombre de maires de villes importantes : Christian Estrosi à Nice, Christophe Béchu à Angers, Arnaud Robinet à Reims, sans parler évidemment d’Edouard Philippe lui-même au Havre, mais aussi à Ajaccio, Niort, Arles, Angoulême, Vesoul, Pessac, Auxerre, La Roche-sur-Yon, Vannes, Palaiseau, Albi…Dans cette liste, Nice, La Roche-sur-Yon, Angoulême et Pessac pourraient être menacées.
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Renaissance a de son côté une base de départ plus bien modeste. La formation de Gabriel Attal recense peu de maires, à part Amiens, où Hubert de Jenlis, qui a succédé en cours de mandat à l’UDI Brigitte Fouré, mène un combat difficile face à la gauche, et Nevers avec Denis Thuriot. Dans ce scrutin, plus que présenter des têtes de liste, Renaissance a choisi de jouer placé en positionnant les siens sur d’autres listes conduites par des LR, des Horizons ou des divers-droite.