En avoir ou pas. La chronique de Bruno Jeudy
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La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Ce fut l’une des grandes controverses des années 1980. À l’époque, quelques communes pionnières - Levallois-Perret, Asnières - osaient franchir le pas de l’armement de leur police municipale. Nice, elle, fit école dans un autre registre : celui de la vidéosurveillance. Quarante ans plus tard, à l’aube d’une nouvelle campagne municipale, le débat a changé de nature. Avoir ou non une police municipale n’est quasiment plus un sujet. Reste une question explosive : faut-il l’armer ?
En 2020, Anne Hidalgo a fait sauter un tabou à gauche en inscrivant la création d’une police municipale dans son programme parisien. Promesse tenue : 3 500 agents recrutés. Mais la maire de Paris n’a jamais voulu franchir le Rubicon de l’armement. Son héritier désigné, Emmanuel Grégoire, persiste. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche début janvier, le candidat socialiste plaide pour un très flou « élargissement des compétences » de la police municipale parisienne. Une position prudente, à rebours de celle de Rachida Dati, favorable - à juste raison - à l’armement.
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Le plus frappant, dans ce débat, est le brouillage des lignes idéologiques. À Bordeaux et à Lyon, les maires écologistes ont surpris en assumant l’armement de leur police municipale. À Bordeaux, Pierre Hurmic a même pris le risque d’hérisser le poil vert de ses amis en invoquant un argument imparable : il est devenu impossible de recruter des agents s’ils ne sont pas armés. Pragmatisme de terrain. L’élu écolo a d’ailleurs reconnu s’être inspiré de son collègue socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse.