Ce sont des ouvriers, des employés, des dirigeants de PME. Ce sont des femmes et des hommes qui vivent en périphérie des grands centres urbains. Ce sont des citoyens, amoureux de leurs territoires, qui habitent ces zones rurales parfois désertées par le service public. Ils étaient très exactement 10.691.931 le 7 juillet 2024 à l’occasion des élections législatives, et même 13.288.686 lors du second tour de la présidentielle de 2022. Ils sont méprisés, souvent réduits à des caricatures et subissent de plein fouet la crise du monde moderne. Ce sont les électeurs du Rassemblement national.
À Marseille, Martine Vassal a allumé la mèche. Oui, affirme-t-elle, il faut tendre la main à celles et ceux qui, en désespoir de cause, glissent un bulletin RN dans l’urne. Les réactions furent immédiates. Une partie de la gauche, agacée, s’est drapée dans des déclarations aussi grandiloquentes que vaines. D’autres ont avoué leur scepticisme. Et pourtant. Laisser une masse toujours plus grande de nos concitoyens affronter seuls la précarité, le chômage, la pression fiscale, la chute du pouvoir d’achat ou encore l’insécurité et l’ensauvagement serait suicidaire. L’origine du drame français se jouant sous nos yeux est à ce titre parfaitement claire : il s’agit de l’abandon des classes moyennes et populaires.