Le Havre éradique la plus grande décharge sauvage de France
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Installation de grillages de sécurité à la décharge Dollemard.
LTD/philippe breard
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Installation de grillages de sécurité à la décharge Dollemard.
LTD/philippe breard
« C’était un truc de dingue », en dit Edouard Philippe. Pendant plus d’un demi-siècle, entre la fin de la seconde guerre mondiale et la fermeture du site au début des années 2000, une noria quasi-ininterrompue de camions a déversé des dizaines de milliers de tonnes de détritus sur le rivage, depuis le sommet de la falaise de Dollemard, au Havre. Les stigmates de cette pratique d’un autre âge restent bien visibles à 80 mètres en contrebas.
Le spectacle laisse ébahis les rares promeneurs qui s’aventurent sur la plage, accessible uniquement à pied (avec de bonnes chaussures) – ou par la mer. Sur une longueur de près d’un kilomètre, des monceaux de gravats, de plastiques, de ferrailles, de caoutchouc… semblent agrégés à la falaise, qui en recrache dans la mer à chaque tempête.
En dépit des alertes lancées par les associations environnementales, en dépit du classement de la zone en Natura 2000, les pouvoirs publics sont longtemps restés tétanisés par l’énormité des travaux à engager. Mais les lignes bougent. Deux décennies après sa fermeture, le plus grand cimetière de déchets des côtes françaises est sur le point de disparaître, à la faveur du plan national de résorption des décharges littorales qu’il a, d’ailleurs, inspiré.
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« Dollemard est l’un des sites pilotes dont on attend des retours d’expérience, notamment sur le traitement des micro-plastiques, confirme Christophe Louazé, chargé de mission à l’Ademe pour la Normandie et les Hauts-de-France. C’est aussi le seul à contenir autant de volume ». Qu’on en juge. Plus de 200.000 tonnes de matériaux, plus ou moins dégradés, doivent être évacués. Un « truc de dingue » qui va mobiliser… un pognon de dingue.