ENTRETIEN CROISÉ — Quelques jours après la reconnaissance par la France de l’État palestinien et à une semaine du deuxième anniversaire du 7-Octobre, l’animateur et l’homme de médias sortent tous deux un livre qui en dit long sur leur façon d’être un « Français juif ». Regards croisés.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Arthur Essebag, vous avez exprimé votre opposition à une reconnaissance de l’État palestinien non conditionnée à la libération des otages. Denis Olivennes, vous avez tweeté au lendemain du discours d’Emmanuel Macron : « Ce discours est impeccable, dans la tradition des présidents sincèrement épris de paix au Moyen-Orient. » Incarnez-vous deux pôles opposés ?
DENIS OLIVENNES — Les Israéliens et les Palestiniens, également légitimes à vivre sur cette terre dans deux États amis, se déchirent. L'impasse actuelle est épouvantable. Emmanuel Macron s’inscrit dans la tradition de ses prédécesseurs, et notamment François Mitterrand : essayer de les aider à trouver le chemin de la paix. Oui, c’est louable.
ARTHUR ESSEBAG— J’ai toujours été pour une solution à deux États. Mais il y a un problème de calendrier et de conditionnement. Depuis le premier jour, je m’occupe des familles des otages. La guerre a commencé par une prise d’otages, elle doit cesser par leur libération. Il y a trop de morts et Netanyahou est souvent impardonnable, mais cette reconnaissance avec le Hamas au pouvoir est une récompense et un message aux terroristes : « Tuez des Juifs et on vous offrira un État ! »
D.O. Je comprends très bien la position d’Arthur. Je ne suis pas du tout sûr d’avoir raison. Mais je soutiens les gens qui veulent la paix, il y en a tant qui jettent de l’huile sur le feu…
Vous définissez-vous comme « Français juif » ou comme « Juif de France », sachant que vous avez, Denis Olivennes, choisi de mettre « Juif de France » sur la couverture de votre Dictionnaire, et que vous, Arthur Essebag, écrivez le plus souvent « Juifs de France »…
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D.O. : Je suis Français avant tout. Et juif entre autres choses. C’est l’histoire que je raconte dans ce Dictionnaire, celle des liens des Juifs et de la France depuis deux mille ans et surtout depuis la République, l’entrée des Juifs dans la citoyenneté et le patriotisme républicain.