Êtes-vous bien sûr que votre fournisseur stocke vos données en Europe ? Votre contrat permet-il de les transférer facilement ? À quel point votre activité est en danger si l’on coupe un accès à un service numérique ? Voilà le type de questions qu’une entreprise devrait se poser pour faire le point sur sa dépendance technologique. Dès janvier, un « indice de résilience numérique » (IRN) leur permettra justement de s’auto-évaluer et d’ajuster leur stratégie en conséquence.
Le projet, porté par le think tank Digital New Deal, la start-up Probabl et le cabinet de conseil Ascend Partners, a été annoncé en juillet. Après des essais avec dix entreprises dont RTE, Docaposte (filiale numérique du groupe La Poste), le journal Ouest-France, la Caisse des Dépôts, SNCF ou encore CMA-CGM (propriétaire de La Tribune) –, les initiateurs ont annoncé sa mise à disposition à tous en début d’année prochaine.
« Ces questionnements autour de la dépendance numérique n’étaient pas perçus comme essentiels il y a encore peu. C’était un ‘nice to have’, c’est désormais un enjeu stratégique depuis le retour de Donald Trump au pouvoir », résume David Djaiz, essayiste et PDG du cabinet Ascend Partners.
En mai 2025, une étude du Cigref et du cabinet Asteres avait provoqué un électrochoc. Elle estime que les entreprises européennes dépensent 264 milliards d’euros par an dans des services cloud et logiciels américains, soit près de 80 % de leurs dépenses. « Environ 1,5 % du PIB de l’UE, et 1,5 fois le budget européen », précise l’étude.