Sans présager de la culpabilité ou non d'Airbus et d'Air France, la question de la responsabilité des pilotes est revenue à plusieurs reprises dans le procès du vol AF447, portée tout particulièrement par l'un des experts. Une singularité qui lui a valu des attaques en règle.C’est une bataille de fond qui se déroule depuis la semaine dernière lors du procès de l’AF447. Elle porte sur le rôle des pilotes dans le déroulement de l’accident du vol Rio-Paris, et leur éventuelle responsabilité dans l’enchaînement tragique des événements.
Comme en première instance, l'audience en appel n’a pas vocation à devenir le procès de l’équipage. Il s’agit au contraire de déterminer si celui-ci avait toutes les chances de pouvoir surmonter la situation qu’ils ont dû affronter dans la nuit du 1er juin 2009, et ce sont bien les représentants d’Air France et d’Airbus qui se tiennent sur le banc des accusés. Pourtant, il n’est pas possible d’occulter l’impact des trois hommes à l’avant de l’appareil, surtout au vu d’actions de pilotage qui restent encore difficilement compréhensibles.
Bataille au long cours
Cette bataille s’est engagée la semaine dernière avec l’audition du premier collège d’experts, composé de trois pilotes et d’un ingénieur. Et comme en première instance, c’est ce dernier, Hubert Arnould, qui s’est distingué. Spécialiste de la gestion de la sécurité au sein des compagnies aériennes, il a (à nouveau) pris ses distances avec les autres membres du collège.
Plus que sur le rôle de l’officier pilote de ligne – qui est alors pilote en fonction (PF), c’est-à-dire chargé du pilotage quand le pilote non en fonction s’occupe entre autres de surveiller les paramètres de vol et des communications – dont les actions sur le manche ont progressivement amené l’avion hors de son domaine de vol, Hubert Arnould a voulu centrer le débat sur l’attitude du commandant de bord. Et il a surtout insisté sur sa conduite face à la masse orageuse qui semblait se dessiner devant l’avion à l’approche de la zone de convergence intertropicale (ZCIT).