Le départ des compagnies low cost vers d’autres cieux plus cléments, fiscalement parlant, pénalise le trafic français, qui se voit distancé par ses voisins italiens et espagnols.Pour Thomas Juin, le constat est simple : « La France décroche ». Le président de l’Union des aéroports français (UAF) et de l’aéroport de La Rochelle, l’a affirmé sans ambages à l’occasion de son congrès 2025, ce vendredi. Il y voit la résultante d’un « enchaînement de mesures fiscales, jusqu’au coup de grâce de la loi de finances 2025, instaurant des augmentations vertigineuses de la TSBA », la fameuse taxe de solidarité sur les billets d’avion.
Après avoir alerté sur ce risque pendant de longs mois, il estime que la menace s’est désormais matérialisée et surtout qu’elle va se renforcer. Selon les calculs faits par l’UAF avec ses membres, le désengagement des compagnies, en particulier low cost, « va se traduire par la perte de 630 000 passagers dès cet hiver, avec la suppression de 21 liaisons ».
« La tendance s’accentue déjà pour la saison printemps-été 2026 avec une perte estimée d’au moins 750 000 passagers », déplore Thomas Juin.
Au total, l’UAF estime donc la perte à au moins 1,4 million de passagers sur un an.
Les low cost battent en retraite
Ryanair va ainsi « réduire ses capacités en France de 11,3 % pour l’hiver, tandis qu’elle augmente en Italie de 10,3 %, en Pologne de 19 % et en Irlande de 15 % ». Et le patron des aéroports français rappelle que l’opérateur ultra-low cost a déclaré, la semaine dernière, être « prêt à déployer un ambitieux plan de croissance, doublant le trafic à 30 millions de passagers par an, basant 25 nouveaux avions » à condition que le gouvernement français supprime tout de suite la TSBA. Un coup de pression/communication comme sait les faire la compagnie de Michael O’Leary. Mais le fait est que la France a aussi perdu du terrain dans la stratégie d’Easyjet.