Dans une période où l’on prône la sobriété, le discours peut surprendre. Lors du congrès 2025 de l’Union des aéroports français (UAF), Catherine Bauby, directrice de la stratégie du groupe EDF, a appelé les participants à consommer plus d’électricité.
Le producteur national est en effet confronté à une surcapacité de sa production électrique qui met à mal sa stratégie « net zéro ». Celle-ci se fonde sur un « scénario optimal » où l’électricité bas carbone – en grande partie nucléaire – passerait de 25 % dans le mix énergétique actuel, à 38 % dans dix ans et 60 % en 2050, le tout dans une réduction d’un tiers de la consommation finale d’énergie.
Or la dirigeante le dit clairement, « nous ne sommes malheureusement pas en train de suivre ce chemin optimal ». Elle estime que le secteur énergétique s’est mis en ordre de bataille pour répondre à l’électrification massive de l’économie et a augmenté ses capacités en conséquence. Or, les débouchés ne sont pas là. Sans cibler spécifiquement les secteurs aérien et aéronautique, elle juge que l’industrie n’a pas franchi le pas de l’électrification des usages. Une situation qui a conduit la France à un record d’exportation en 2024, avec 89 TWh expédiés vers les pays limitrophes — un quart de la consommation nationale !