L'annonce, en juillet 2025, de l'abandon par Stellantis de son programme de développement des véhicules à hydrogène d'ici 2026, avait été perçue comme un coup de tonnerre pour une industrie déjà en proie aux difficultés. Et surtout, elle a frappé de plein fouet le fabricant de piles à combustibles hydrogène rhônalpin, Symbio, installé à Saint-Fons, dont il est encore co-actionnaire avec Michelin et Forvia.
Car le cinquième constructeur automobile mondial constituait le principal et quasiment seul client de Symbio : ces commandes représentaient en effet 80% du carnet de commande du rhodanien qui avait également configuré sa gigafactory de 26.000 m2, SymphonHy, livrée en 2023 (77 millions d'euros), pour répondre à cette demande, avec une capacité de production de 16.000 systèmes à son lancement grimpant à 50.000 dès 2026. La société, créée à Fontaine (Isère), et son outil industriel avaient bénéficié soutien public à hauteur de 600 millions d'euros de l'État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Union européenne.
La rupture du contrat et la volonté de Stellantis de mettre fin à ses investissements dans l'hydrogène ont donné lieu à une procédure de conciliation avec ses deux co-actionnaires. Selon les Echos, le départ de la société franco-italo-américaine devrait être acté courant mai, avec une actionnariat désormais réparti à parts égales entre Forvia et Michelin (50%). Une compensation de 235 millions d'euros, composée de 145 millions d'euros d'abandon de créances et 90 millions d'euros de cash, est également prévue. Un montant bien inférieur aux attentes de ses deux co-actionnaires et de Symbio, indique Les Echos.