Batteries : le coup de semonce de Renault à Verkor
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Créée en 2020, Verkor est l'un des symboles de la réindustrialisation verte française.
AFP - AFP or licensors - FRANCOIS LO PRESTI
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Créée en 2020, Verkor est l'un des symboles de la réindustrialisation verte française.
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L’heure de vérité approche pour Verkor. Censée incarner l’ambition française et européenne dans les batteries électriques, la start-up tricolore se retrouve publiquement rappelée à l’ordre par son principal actionnaire industriel et unique client : Renault.
Le constructeur automobile a sévèrement critiqué les performances de la jeune pousse, évoquant à la fois une dégradation de sa compétitivité et d’importants retards industriels. Une prise de position rare qui souligne les difficultés rencontrées par la filière européenne des batteries, pourtant au cœur des stratégies de souveraineté industrielle du continent. « Nous restons partenaire de long terme de Verkor », a précisé Renault Group, qui détient 12 % du capital de l’entreprise, « mais nous assumons notre rôle de client industriel et nos contraintes économiques ».
Créée en 2020, Verkor est l’un des symboles de la réindustrialisation verte française. Sa gigafactory de Dunkerque, inaugurée fin 2025, représente un investissement de 1,5 milliard d’euros, dont près de la moitié a été financée par des aides publiques françaises et européennes.
Mais derrière cette vitrine industrielle, les difficultés s’accumulent. Renault affirme que « les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des produit similaires fabriqués en Europe se sont fortement accrus ces deniers mois et ne peuvent pas être absorbés par Renault ». Conséquence directe : le groupe au losange a choisi d’écarter Verkor de l’appel d’offres concernant les batteries du futur utilitaire Master.
Les tensions ne se limitent pas aux questions de coûts. Le constructeur reproche également à son fournisseur des retards de production estimés à 18 mois. Pour honorer les lancements de l’Alpine A390, d’une partie des Scenic électriques et du futur utilitaire FlexEVan, Renault a dû se tourner vers le sud-coréen LG pour s’approvisionner en cellules produites en Europe, générant des surcoûts supplémentaires.
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Face à cette situation, le groupe hausse le ton. « Verkor doit démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle », prévient Renault. « Nous demandons à Verkor une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault ».
Cette crise rappelle les difficultés rencontrées par un autre champion européen des batteries, ACC, la cœntreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies. Là aussi, les retards industriels ont pesé sur les ambitions du projet, au point de conduire récemment au remplacement du directeur général par un ancien dirigeant de Panasonic chargé d’accélérer la montée en cadence des usines.
Ces revers fragilisent la stratégie européenne de constitution d’une filière intégrée des batteries capable de rivaliser avec les géants asiatiques. Alors que la concurrence chinoise intensifie sa pression sur les prix et les capacités de production, les industriels européens peinent encore à atteindre les niveaux de compétitivité attendus.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics continuent de soutenir le secteur. Paris négocie actuellement avec Bruxelles le déblocage de nouveaux prêts destinés aux gigafactories. Verkor et ACC pourraient ainsi bénéficier chacune d’un soutien supplémentaire pouvant atteindre 500 millions d’euros. Reste à savoir si ces aides suffiront à combler les retards industriels et à restaurer la confiance des constructeurs automobiles.
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