Li Shufu, fondateur et patron du groupe Geely, prend 26,4% des activités de Renault au Brésil. Après avoir racheté 34% de la filiale coréenne du Français. Horse, l’entité produisant les mécaniques thermiques et hybrides de Renault, est désormais partagée avec le Chinois.Le milliardaire chinois Li Shufu devient une personnalité clé… pour Renault. Le fondateur et patron du groupe Geely poursuit en effet son entrisme en prenant des positions stratégiques au sein du constructeur tricolore. Dangereuses à terme pour l’indépendance de la firme au losange ? Les deux constructeurs annoncent ce lundi que le Chinois prendra ainsi 26,4% de Renault do Brasil, la très importante filiale brésilienne du Français.
Un nouveau pas dans ce qui est une véritable alliance stratégique. « Unir nos forces nous rendra plus compétitifs, plus innovants et plus réactifs sur un marché automobile en évolution rapide », assure François Provost. Le nouveau directeur général de Renault n’a donc pas infléchi le rapprochement initié par son prédécesseur Luca De Meo. « Notre coopération avec Renault dans l'exploration de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités créera un scénario gagnant-gagnant », renchérit Eric Li, l’autre nom de Li Shufu.
Aux termes de cet accord, des véhicules Geely seront industrialisés sur le site Renault de Curitiba (Etat du Parana). Renault utilisera aussi la plateforme « GEA » multi-énergies de Geely pour sa propre gamme, tout en commercialisant les véhicules électriques et à faibles émissions du constructeur de Hangzhou. Renault sert donc de cheval de Troie pour l’industrie auto chinoise au Brésil, comme il l’a fait en Corée. En ce moment même, la firme tricolore démarre en effet la production d’une voiture pour le compte de son partenaire sur son site coréen de Busan. Depuis 2022, Geely détient 34% des activités de Renault en Corée. Décidément.
Usines sous-employées
Au Brésil comme en Corée, Renault n’a jamais réussi à saturer tout seul ses sites industriels. C’est en 1998 que le Français a démarré une fabrication au Brésil. Mais, malencontreusement, Renault a commencé par y produire des monospaces Renault Scénic... Un fiasco total, pour un véhicule trop utilitaire aux yeux des Latinoaméricains et donc peu adapté au goût local.