Les associations régionales de défense de l'environnement manifestaient devant le conseil départemental de Côte-d'Or en mars dernier
Pascal Blain
Tandis que Ryanair menace de réduire ses activités en France à cause de la hausse des taxes aériennes, l’aéroport de Dole-Jura parie sur la relance régionale. Soutenu par plusieurs collectivités, le site multiplie les investissements, mais reste au cœur d’une vive controverse sur son modèle économique et environnemental.
En mars 2025, le gouvernement a plus que doublé la taxe de solidarité sur les billets d’avion, la faisant passer de 2,63 € à 7,40 € pour les vols intérieurs et européens. Cette mesure, intégrée au budget 2025, vise à financer la transition écologique et le ferroviaire. Mais du côté des compagnies aériennes, la réaction a été immédiate.
Le transporteur low-cost Ryanair a déjà réduit ses liaisons dans plusieurs aéroports régionaux, illustrant le bras de fer entre politique climatique et compétitivité économique. À contre-courant de cette tendance, l’aéroport de Dole-Jura poursuit sa montée en puissance. Situé entre Dijon et Besançon, il s’affiche comme un symbole de réindustrialisation des territoires et de relance touristique. Un positionnement paradoxal dans un contexte national de sobriété aérienne.
Dole-Jura investit pour redécoller
En septembre 2025, la piste de 2 230 m de l’aéroport a été entièrement rénovée, marquant la première étape d’un plan d’investissement de plusieurs millions d’euros. De nouvelles destinations charters proposées par des agences de voyage vers la Laponie, la Pologne ou encore l’Écosse sont venues enrichir l’offre hivernale, et la plateforme ambitionne d’atteindre 150 000 passagers par an à l’horizon 2026.
Ces travaux ont mobilisé 1,58 million d’euros de la région Bourgogne-Franche-Comté, auxquels s’ajoutent les contributions du département du Jura et des intercommunalités partenaires. Un effort financier important que les élus locaux justifient par la nécessité de « désenclaver » le territoire et de soutenir son attractivité économique. Mais ce pari ne fait pas l’unanimité.
Plusieurs élus régionaux rappellent que la Région a cessé son soutien de fonctionnement en 2024, considérant que « les fonds publics doivent désormais prioriser la transition écologique ». Une décision qui souligne le dilemme de nombreux territoires : maintenir des infrastructures coûteuses pour ne pas décrocher économiquement, tout en répondant aux objectifs climatiques.
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