La culture du pire

 |   |  320  mots
(Crédits : Tribune)
Depuis la chute de Lehman Brothers, le marché semble avoir prix l'habitude de noircir le tableau à la moindre incertitude. D'ailleurs, bien qu'ayant franchi un nouveau point bas annuel, le CAC40 n'a peut-être pas fini d'intégrer le scénario du pire.

Pêcher par excès de prudence plutôt que de risquer de miser sur un futur incertain. Les investisseurs semblent avoir retrouvé leurs vieux réflexes de l?époque où la faillite Lehman laissait craindre une implosion de la planète financière mondiale. Il aura fallu que la Grande-Bretagne dévoile, hier, un plan de réduction de ses dépenses publiques pour mettre le feu aux poudres. Même la perfide Albion que l?on pensait plus apte à honorer ses engagements que les pays du Sud, pointe l?urgence de mettre un terme aux errements budgétaires. A priori, cette concentration des efforts pour juguler la problématique de la dette est plutôt une bonne nouvelle pour la solvabilité des Etats. D?ailleurs, les courbes des taux à 10 ans britanniques, allemand ou encore français ont, aujourd?hui, plutôt tendance à se détendre. Mais ce qui favorise le compartiment obligataire ne constitue pas forcément une bonne nouvelle pour le compartiment des actions.

L?essentiel des craintes des opérateurs porte sur les conséquences négatives d?une montée en puissance de l?austérité budgétaire sur la croissance de la zone euro, déjà bien mise à mal par la récession. Et par la même sur l?évolution de l?activité des entreprises européennes. En attendant, leur carnet de commandes n?a jamais connu, en mars, une progression aussi importante depuis 10 ans. Et cela alors que, les groupes cotés du Vieux Continent ont largement battu les prévisions des analystes à l?issue du premier trimestre. Si l?on rajoute à cela le gain de compétitivité induit par un euro faible sur nos fleurons les exportateurs, on peut penser que les indices boursiers se rapprochent d?un point bas. Le pire a beau n?être jamais certain, le marché semble quand même en avoir intégré une bonne partie.

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :