Davos tout blanc mais sombre sur l'économie

Première "révélation" de ce Davos sous la neige, l'indice de confiance globale, basé sur une enquête auprès de 345 dirigeants mondiaux est au plus bas. 54% prévoient un "bouleversement géopolitique majeur" cette année. Brrrrrrr !
Hilde & Klaus Schwab - Copyright World Ecomomic Forum
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Coup de froid brutal sur l'ouverture de Davos 2012. Comme c'est la tradition, les organisateurs publient, la veille de l'ouverture officielle du Forum économique mondial, ce mercredi, une enquête pour mesurer l'indice de confiance globale. Confiants, à tort visiblement, l'an dernier sur une reprise, ils sont en ce mois de janvier 2012 une nette majorité à broyer du noir, malgré la jolie neige immaculée qui tombe sur la petite station suisse des Grisons. Réalisée aupres de 345 dirigeants du business, de l'administration, des gouvernements et d'institutions internationales, l'étude est de fait assez inquiétante : 54% d'entre eux s'attendent à un "bouleversement géopolitique majeur" en 2012 (36% il y a trois mois) tel qu'une guerre, une attaque terroriste, ou pire encore. Évidemment, la crise avec l'Iran est dans tous les esprits, avec la montée des tensions au Proche-Orient. Signe que les temps sont difficiles, l'enquete de PwC aauprès des CEO montre que 48% d'entre eux craignent un recul de l'économie mondiale cette année.
D'autre risques "géoeconomiques" ceux-là, sont aussi envisagés, tel le défaut d'un Etat souverain ou l'éclatement de la zone euro mais il est plus ou moins "dans les cours" et reflété par les marchés, ce qui n'est pas le cas d'un événement géopolitique, relève Lee Howell directeur général (Canadien) du WEF.
C'est donc un Davos pessimiste qui ouvre ses portes du 24 au 29 janvier aux quelques 2600 participants venus du monde entier réfléchir aux grandes tendances du monde. L'enquête PwC révèle de ce point de vue un profond scepticisme des dirigeants mondiaux sur la capacité des dirigeants politiques à affronter une nouvelle crise, tout autant d'ailleurs qu'à résoudre celle-ci qui semble à une grande majorité loin d'être finie... La seule bonne nouvelle, c'est que les prédictions boule de cristal dévoilées à Davos se sont souvent révélées fausses. De là à prédire un avenir en rose à l'année du Dragon d'eau chinois, qui a commencé le 23 janvier, il ne faut pas exagérer. Le sentiment ici est plutôt à la gravité devant l'ampleur des risques mondiaiux que nul ne semble plus capable de maîtriser. La perspective d'élections majeures dans plusieurs grands pays (Etats-Unis, France, Russie) ne facilite pas la prise de décision, et d'ailleurs ces trois pays ont fortement réduit leur participation. Côté français, après Sarkozy en 2011, on verra seulement cette année Baroin, Le Maire et Copé. Du coup, c'est l'Allemagne d'Angela Merkel, chargée de faire ce mercredi en fin d'après-midi le grand discours d'ouverture, qui tiendra la vedette, ainsi que le Brésil, hôte de la traditionnelle soirée de gala de clôture samedi soir.
Interrogé au débotté dans la navette de liaison vers Davos, un grand professeur de Wharton le reconnaît sans ambages. À la question "quel est le risque majeur selon vous pour le monde en 2012", il répond spontanément : " les inégalités de revenus". François Hollande aurait dû venir, il n'aurait pas été dépaysé. A Davos, il n'y a pas que le méchant marché et les vilains de la finance ! Mais aussi de grands esprits qui pensent et essayent de comprendre ce monde qui nous échapppe.. Et de fait, n'en déplaise aux nombreux détracteurs du Forum économique, qui se réunissent au même moment à  Porto Allegre pour le Forum social mondial, la dominante de l'année à Davos, ce temple du libéralisme américain sera.... la responsabilité sociale. Les Indignés sont d'ailleurs venus nombreux cette année protester contre l'incapacité du système capitaliste à se réformer et les igloos qu'ils ont construit gràce à la neige abondante leur permet d'afficher leur colère avec des panneaux "Occupy WEF" qui n'impressionnent guère l'armée suisse toujours fidèle au rendez-vous le mieux gardé au monde. Ce qui n'empêche pas Klaus Schwab, le fondateur du Forum economique mondial de le reconnaître : " Le capitalisme, sous sa forme actuelle, n'a plus sa place dans le monde qui nous entoure", a-t-il déclaré lors d'un point presse. "Nous avons échoué à retenir les leçons de la crise financière de 2009. Une transformation mondiale doit avoir lieu d'urgence et cela doit commencer en rétablissant une forme de responsabilité sociale". "La grande transformation" thème emprunté assez curieusement au théoricien hongrois Karl Polanyi, qui a titré ainsi son livre majeur en 1944, est justement le titre choisi cette année pour la 42éme Edition du World Economic Forum.

Retrouvez l'enquête sur https://www.weforum.org/ConfidenceIndex
 

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