L'économie sociale et solidaire doit-elle s'ouvrir au secteur conventionnel, au risque de perdre son âme ?

Depuis ses débuts, la FTQ se préoccupe de l'économie sociale en prônant une économie plus juste et respectueuse des personnes. Par exemple, les premières caisses populaires de Montréal sont mises en place, en 1908, à l'instigation de Gustave Frank syndicaliste montréalais.
Daniel Boyer
Daniel Boyer

Dans les années 1960 et 1970, la centrale s'est aussi impliquée dans de nombreux projets de coopératives, notamment dans le secteur de l'alimentation. Cet appui, cette préoccupation, continuent encore aujourd'hui.
Le Fonds de solidarité FTQ, créé en 1983, constitue une assise importante du renouveau économique nécessaire en ces temps de remise en question de nos modèles économiques. Avec l'épargne des travailleurs, le Fonds de solidarité FTQ crée et maintient des milliers d'emplois au Québec et est un acteur de plus en plus important dans tout le secteur de l'économie sociale et solidaire.
Les objectifs poursuivis par les acteurs de l'économie sociale rejoignent en définitive ceux poursuivis par le mouvement syndical : faire en sorte que l'économie réponde aux besoins des personnes et des collectivités et non seulement à la seule logique du rendement financier.
Pour nous, l'économie sociale représente un secteur de l'économie qui ?uvre dans la production de biens et de services, comme les secteurs "conventionnels" privé et public, mais qui le fait autrement que ces secteurs : finalité de servir ses membres et la collectivité, processus de décision démocratique impliquant les usagers et les travailleurs, défendre la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition de ses surplus et revenus. L'économie sociale réfère ainsi à un concept de rentabilité sociale de ces activités et non purement économique.

L'économie sociale doit "s'ouvrir", mais faire attention aux dangers

À la lumière de ces précisions, il nous apparaît clair que l'économie sociale doit s'ouvrir au secteur conventionnel ou plutôt, comme nous en parlons au Québec, changer d'échelle pour étendre ses principes et valeurs, influencer plus largement l'économie et ?uvrer à la coproduction de politiques publiques favorisant cette ouverture.
Il y a toutefois des dangers de pénétrer le "monde des autres", l'économie dominante, où l'accumulation du profit passe avant l'être humain. Cela demande un effort constant d'arrimage avec les membres et les travailleurs de ces entreprises d'économie sociale comme avec les communautés qu'elles desservent. Si ce dialogue n'est pas maintenu, si on ne s'attarde pas constamment à revenir à nos principes et valeurs, il y a certes danger d'y perdre son âme. L'économie sociale et solidaire doit prendre sa place et si c'est la place des autres, elle doit la prendre en ne sacrifiant pas ses principes et ses valeurs.
 

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