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OpinionsLa Tribune des expats

Michael Amar, à l’épreuve de la Silicon Valley

Photo de Dominique Piotet

Dominique Piotet

Publié le 14 janvier 2015 à 13:56 - Mis à jour le 14 janvier 2015 à 18:46

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le Français star de la Silicon Valley, fondateur de l'agence IFeelGoods, rapidement repéré par Facebook, casse les clichés sur le berceau de la tech américaine. Malgré les difficultés rencontrées en Silicon Valley, quelques freins l'empêchent de revenir en France...

Michael Amar fait partie de ceux auxquels on pense quand on mentionne un français ayant du succès en Silicon Valley. Il passe à la télé, est invité quand le Président de la République ou l'un des ministres du gouvernement passe à San Francisco. Il fait partie du paysage des Français visibles dans la région. Presque malgré lui, car Michael n'est pas du genre à chercher la lumière. D'abord et avant tout, il travaille! Son entreprise - qui semble être une des choses qui le font respirer - marche et le nom de cette boîte, « IFeelGoods », est déjà toute une promesse.

Entrepreneur depuis bébé!

Michael fait partie de cette catégorie, très fréquente en Silicon Valley, de gens qui n'ont jamais eu de patrons, et qui n'envisagent même pas cette possibilité.  Non pas qu'ils refuseraient l'autorité, mais plus par cette quête de liberté viscérale qui l'anime dans chacun de ses choix.

Il monte sa première entreprise en 1994. Il à 21 ans, sur les bancs de l'ISG, avec celui qui est devenu son associé de toujours, Dimitri Ducourtieux. Il crée le 3615ISG, le service Minitel de l'école. C'est un succès immédiat et c'est le déclic. Suis tout de suite après une première web agency, puis le premier Ad Network européen, Daooda, juste au moment de la bulle. Il ne s'en effraye pas, bien au contraire, et en tire pas mal de leçons. Il crée ensuite une des plus grosses agences d'achat media européenne, qu'il vend après deux ans, fin 2007. « Il était temps de commencer à manger un peu » explique Michael, après pratiquement dix ans sans vraiment se payer.

La Silicon Valley, c'est dur. Très dur!

En 2010, c'est le grand départ pour la Silicon Valley. Il y avait fait un tour en 1996, pour suivre à Stanford un cours sur le commerce électronique. « J'en rêve encore ! A l'époque, c'était un peu comme de faire un voyage sur la lune » dit Michael avec une étincelle dans les yeux.

Mais les choses on changé depuis 1996, et surtout, personne ne l'attend dans la région. En 2010, il arrive sans vrai réseau, avec un peu d'argent et aucun employé. Mais il sent que c'est le bon moment, et Facebook, dont le siège est à quelques encablures, s'intéresse au projet et s'engage dans un partenariat. L'opportunité ne se refuse pas. Mais les difficultés sont herculéennes. Dimitri, qui est le vrai geek de la paire, est resté à Paris, mais les développeurs sont à San Francisco. Difficile à gérer. D'autant que ces fameux développeurs sont durs à recruter et encore plus difficile à garder. « Je devais faire le GO pour les garder. Bowling un jour, barbecue le lendemain » se souvient Michael. Mais pratiquement impossible de combattre avec les géants de la région, qui raflent tous les meilleurs...et même les autres, à coup de surenchères de salaire et de bénéfices !

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C'est paradoxalement de France que vient son premier grand client et le salut. Du coup, le bureau de Paris s'étoffe et l'équipe est rejointe par des développeurs « made in France » et un développeur américain senior, qui a fait le chemin depuis la Silicon Valley. La vie de Michael se simplifie un peu, et il se consacre enfin à ce qu'il aime le plus : l'offre et le commercial.

Au final, Michael garde le sentiment que c'est très difficile. « Il faut arrêter l'image de la Silicon Valley comme un eldorado: qu'est ce que c'est dur au quotidien! Tout est dur! Mais qu'est ce que tu apprends. On est tiré vers le haut en permanence, mais c'est juste un effort de fou. »

Et la France ?

Quand on lui parle de la France, il explique : « Je suis parti pour l'aventure, pas parce que ca allait mal en France. Et j'avais envie de revenir ».  Aujourd'hui, cela lui semble plus compliqué. Notamment de monter et gérer des affaires en France. Comme beaucoup de français expatriés, il souffre du fameux « French Bashing ».  « C'est difficile d'entendre dire du mal de son pays. C'est mon pays, ma culture, j'ai ma famille là bas. Il faut dire que l'affaire Daily Motion (qui s'est vu refuser un rachat par Yahoo ! par le gouvernement français, ndlr) n'a rien arrangé, notamment à San Francisco » précise-t-il.

Et pourtant, il ne désespère pas. D'ailleurs, il y a son associé en France, une partie de ses équipes et de ses affaires. Pour lui, la France pour s'en sortir à besoin de 10 Xavier Niel !

Vers modèle transatlantique ?

Michael met en oeuvre un modèle que l'on voit de plus en plus d'entrepreneurs français appliquer dans la région : une partie de ses équipes, et notamment les développeurs, sont basés en France. Impossible ici de recruter et la France regorge de talents qui n'ont pas nécessairement envie de partir. Ils sont d'ailleurs moins chers en France, malgré les charges...

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Le conseil de Michael aux nombreux entrepreneurs Français qu'il rencontre : « il faut venir tôt, le plus jeune possible, et être prêt à souffrir pas mal ».  Cela fait toujours rêver la Silicon Valley ?

Dominique Piotet

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