Pourquoi l'énergie sera un dossier prioritaire pour la prochaine Commission

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Retrouvez tous les quinze jours, la chronique vidéo européenne de Florence Autret, notre correspondante à Bruxelles.
L'énergie sera l'un des grands sujets de la prochaine Commission européenne. Et pas seulement à cause de la crise ukrainienne. Pour l'instant, toutefois, Bruxelles se contente resserrer la vis en matière de subventions à l'énergie verte.

Le Vert a-t-il encore la cote ? On peut se poser la question et pas seulement à cause des mauvais sondages des partis écologistes pour les prochaines européennes. A entendre cette semaine Joaquin Almunia, les inquiétudes des producteurs d'électricité verte vont encore grandir.

Fini le soutien inconditionnel ! C'est le retour des règles de marché qu'a annoncé le vice-président de la Commission européenne. L'électricité verte devra être mise sur le marché par voie d'enchères, progressivement à partir de 2015. Alors que jusqu'à présent, la rentabilité de ces installations était protégée par des prix de rachat obligatoire. C'est donc un virage à 180°.

L'abondance des aides a fait son œuvre

Mais pas totalement une surprise. D'abord l'abondance des aides a fait son œuvre. L'Europe tire près de 15% de son énergie des renouvelables aujourd'hui, soit presque trois fois plus qu'il y a 10 ans. Et avec cette croissance sont venues des économies d'échelle qui justifient de moins en moins l'aide au décollage. C'est un effet du cycle industriel.

Mais, surtout, Bruxelles se range enfin au constat établi depuis longtemps par les industriels selon lequel le maquis des subventions a « affaibli » les signaux de prix. En d'autres termes, les investisseurs sont perdus. Dépourvus de prix à long terme, ils ne peuvent pas calculer la rentabilité des autres sources de production, que cela soit pour le gaz, le nucléaire ou le charbon. Et le marché du carbone - une autre création bruxelloise - qui était sensé justement les orienter ne fonctionne simplement pas.

La nécessité d'investir

Or il va falloir investir dans les années à venir. Certes, la demande stagne. La consommation d'électricité n'a même pas retrouvé le niveau de 2007. Mais, dans le même temps, une part significative des capacités, notamment nucléaires, va devoir être renouvelée dans les 10 ans. Au moment où la crise ukrainienne souligne leur dépendance énergétique, les Européens se retrouvent donc au pied du mur et réalisent qu'ils n'ont pas réussi à inscrire leur politique dans le triangle magique « compétitivité, protection du climat et indépendance ».

De là à dire que l'énergie sera l'un des grands sujets de la prochaine mandature, il n'y a qu'un pas. Pour repartir du bon pied, encore faudrait-il consentir à définir les besoins à l'échelle du Continent et pas seulement des marchés nationaux, à avoir une vraie politique de l'offre, qui ne repose pas seulement sur la concurrence, et à assumer le besoin d'une certaine planification.

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a écrit le 25/04/2014 à 16:21 :
Que la commission ne se mêle pas d'énergie, où elle n'a fait que des âneries (renouvelables, concurrence) et où elle ne peut concilier l'inconciliable : sortie du nucléaire allemande, construction de centrales britanniques, françaises et tchèques.

La France avait par elle même ce qu'il fallait en terme de politique énergétique, qui a été un grand succès. Il a vraiment fallu une solide couche d'idéologie pour qu'on se laisse mettre des contraintes contre-productives par Bruxelles et les idéologues (verts et/ou libéraux).
Réponse de le 27/04/2014 à 3:17 :
Faux procès : la commission n'a demandé qu'à réduire la consommation d'énergie (efficacité énergétique) et diversifier les sources d'énergies vers des énergies durables. La concurrence est un bon choix face aux monopoles. La sortie du nucléaire est un choix allemand. Les renouvelables se développent avec succès dans plus de 160 pays au monde et sont compétitives avec le gaz pourtant peu cher en Amérique latine, le charbon en Inde et avec les énergies traditionnelles dans 2/3 des pays au monde désormais avec encore un potentiel de baisse des prix et d'améliorations. La France a un parc nucléaire dont l'âge moyen a dépassé l'âge limite prévu au départ (30 ans), il nécessite des coûts élevés d'entretien, de démantèlement, de stockage ultra longue durée. La 3e génération est dépassée, désormais non compétitive et toujours dangereuse. Nous n'avons pas assez diversifié à temps à cause de ce monopole nucléaire et désormais nous entrons dans une période statistiquement à risques et avec des coûts importants à prévoir. Si l'Union européenne n'avait pas fixé des objectifs, l'Europe serait très en retard alors qu'à l'inverse des pays ont fait des progrès substantiels et ont réduit leur dépendance énergétique et diversifié. L'Europe a même servi de modèle à des pays qui avaient du retard et se développent rapidement dans le domaine des énergies renouvelables comme les Etats-Unis, le Japon, la Chine, sans parler des autres pays d'Asie etc. La France a pris du retard dans le domaine des énergies renouvelables et n'est pas très bien placée dans les comparatifs mondiaux.

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