LA TRIBUNE - Le nombre de défaillances d'entreprises est en pleine hausse depuis le début de l'année (+ 49 % au 2e trimestre en France) sans pour autant renouer avec les niveaux d'avant la crise. Le mur de la dette est-il en train d'arriver ?
Alexandra BLANCH - On en parle depuis plusieurs mois maintenant mais, oui, je constate dans les demandes de rendez-vous, pour des conseils sur l'analyse de la situation, qui sont faites auprès de l'étude, qu'il s'agit de dirigeants qui n'ont plus de trésorerie et qui, parallèlement, doivent commencer à rembourser les PGE (prêts garantis par l'Etat) ou qui le feront à partir de septembre. Dans le même temps, l'Urssaf a recommencé les assignations pour retard de paiement de cotisations, le Trésor public les inscriptions de privilège [pour créances fiscales, NDLF] et la Banque de France indique qu'un décalage de remboursement du PGE entraînera une décote de la notation de l'entreprise... ce qui dissuade certains chefs d'entreprise de le faire. Mais c'est absurde : il vaut mieux être décoté aujourd'hui et sauver son entreprise plutôt que conserver sa notation et disparaître dans quelques mois !