« Tout le monde est redevenu réaliste ! Nous étions surpris des niveaux de volumes d'hydrogène annoncés par le marché et on s'était aussi un peu emballé sur la rapidité de nos projets », explique à La Tribune Damien Havard, PDG et fondateur d'HDF Energy (ex Hydrogène de France). Une récente étude du CEA évalue ainsi la demande des industriels européens en hydrogène vert à 2,5 millions de tonnes à l'horizon 2030, soit huit fois moins que l'objectif de consommation visé par Bruxelles pour tenir l'impératif de la décarbonation de l'économie. « Tout ne sera pas hydrogène, confirme Damien Havard. Mais, même revus à la baisse, ces volumes restent suffisamment importants pour tirer le marché dans les années qui viennent. »
Un marché sur lequel HDF Energy combine une activité de fabrication de piles à combustible, près de Bordeaux, et de développement de centrales « renewstable » qui associent la production d'électricité renouvelable et un stockage sous forme d'hydrogène vert. Et, en l'occurrence, ce ralentissement global du marché de l'hydrogène se traduit par un décalage à 2027 de l'objectif de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, soit un report de deux ans acté dès la fin d'année 2023.