Juin 2019. Bordeaux reçoit Michael O'Reilly en grande pompe, planche de surf sous le bras et sourire jusqu'aux oreilles. Le tonitruant patron de Ryanair vient inaugurer sa nouvelle base à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac qui affichera cette année-là un trafic historique de plus de 7,7 millions de passagers. Cinq ans plus tard, le Covid est passé par là et l'euphorie du toujours plus n'est plus vraiment de mise sur fond de dérèglement climatique.
La navette Paris-Orly d'Air France n'est plus qu'un lointain souvenir, le trafic 2023 a plafonné à 6,6 millions de voyageurs l'an dernier et la compagnie low-cost irlandaise vient d'annoncer la fermeture de sa base bordelaise faute d'avoir obtenu de nouvelles ristournes commerciales. La plus grosse compagnie européenne dessert 39 destinations depuis Bordeaux, dont 30 destinations méditerranéennes ensoleillées, et a transporté plus d'un million de passagers l'an dernier. Elle suspendra tous ses vols dès le mois de novembre 2024 même si une partie des destinations est déjà desservie par des concurrents.
Pas de quoi inquiéter les responsables girondins. L'aéroport et la Chambre de commerce et d'industrie affichent leur sérénité, voire leur soulagement , après le départ de Ryanair qui coûtait cher aux finances publiques. Et les deux acteurs sont sereins quant à l'attractivité économique et touristique du territoire. « Nous avons déjà une quarantaine de compagnies aériennes intéressées pour reprendre les créneaux libérés. La clientèle de Ryanair sera vite remplacée, nous ne sommes pas inquiets ! », affirme ainsi Patrick Seguin, le président de la CCI. L'aéroport, qui garde un silence religieux sur ce dossier, confirme seulement discuter avec une trentaine de compagnies pour reprendre les créneaux libérés. 22 sont déjà présentes à Bordeaux opérant 128 lignes directes cet été.