Fervent défenseur de l'aérien et de son industrie, Jean-Baptiste Djebbari l'est incontestablement, et sans langue de bois. Alors quand le gouvernement avance la piste d'une taxe du secteur à hauteur d'un milliard d'euros, l'ancien ministre délégué aux transports tient à rappeler que le secteur est déjà taxé, et assez lourdement. « En 2020, nous avions regardé en moyenne le prix d'un aller-retour entre Paris et Nice et sur un billet vendu 100 euros, vous aviez 47 euros de taxes et de redevances aéroportuaires. Certes les redevances sont pour service rendu. Mais au total, en France le secteur est déjà taxé à hauteur de 2,5 milliards d'euros », lance-t-il.
Et l'ancien ministre des Transports de reconnaître que l'examen en cours du projet de loi de finances n'est pas des plus simples « puisqu'il s'agit de contribuer à l'effort de redressement des comptes publics sans provoquer de choc récessif. Nous sommes dans un moment où le secteur aérien a besoin du soutien public ». Et pour Jean-Baptiste Djebbari le montant affiché d'un milliard d'euros par an pourrait bien être revu à la baisse au gré des lobbyings et débats parlementaires.
Le secteur aérien fait face à des enjeux de taille. Le premier consiste à gérer la croissance du trafic. « Il faut se garder d'une vision trop européanocentrée de marchés assez matures. De nouvelles zones se développent sous l'émergence des classes moyennes. Vous avez 1,4 milliard d'habitants en Inde qui espèrent légitimement profiter de cette circulation ce qui vaut au transport aérien de se développer de manière extrêmement rapide. L'Inde va recevoir dans les dix prochaines années environ 500 avions par an. C'est aussi le cas en aujourd'hui Indonésie et après-demain en Afrique », explique Jean-Baptiste Djebbari. Il s'agit donc de rester attentif au développement de la filière dans le monde et de réfléchir à la manière dont la France peut y prendre part.