Après une période d'observation et d'annonces timides, l'heure est aux mouvements tactiques pour les compagnies à bas coût présentes à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Elles sont bien décidées à prendre les 25 % de parts de marché libérées par le départ de Ryanair qui n'opère plus en Gironde depuis fin octobre. Soit un potentiel de 1,7 million de passagers à séduire. En septembre, Transavia avait déjà annoncé six nouvelles lignes pour l'hiver 2024 et l'été 2025 ainsi qu'un avion basé à Bordeaux dès le 12 décembre.
Cette fois c'est au tour de la compagnie espagnole Volotea d'appuyer fortement sur l'accélérateur : « Nous baserons un troisième avion à Bordeaux, un Airbus A320, en mai 2025 avec 30 créations d'emplois et l'ouverture de huit nouvelles destinations : Barcelone, Bruxelles-Charleroi, Minorque, Marseille, Bari, Alicante, Malte et Alghero », a annoncé Gilles Gosselin, le directeur France de Volotea, ce 3 décembre. « Cela nous permettra d'offrir 1,2 million de sièges à Bordeaux l'an prochain, un volume en hausse de 38 % sur un an ! C'est un engagement considérable pour notre croissance à Bordeaux. »
De quoi positionner Volotea au 1er rang des compagnies opérant à Bordeaux en nombre de destinations avec 35 villes desservies l'an prochain. Mais avec 785.000 voyageurs en 2024, la low cost espagnole reste loin derrière le leader local Easyjet qui affiche 2,4 millions de passagers à Bordeaux cette année et s'y trouve en position de force avec 45 % des part de marché sur la saison d'hiver 2024/2025. D'autant que la compagnie britannique entend bien riposter aux annonces de ses concurrentes avec le lancement en 2025 de plusieurs nouvelles destinations qui seront dévoilées mi-décembre, le renforcement de son offre existante et une liaison vers la Laponie pour cet hiver. « Nous voulons voler plus et plus loin pour atteindre 2,5 millions de passagers l'an prochain, contre 2,4 millions cette année. 2025 sera une année de consolidation puis de renforts de notre offre bordelaise pour la saison estivale notamment vers le Royaume-Uni, le Maroc, le Portugal et l'Italie », explique à La Tribune Reginald Otten, le directeur France d'Easyjet. Le numéro girondin, qui devrait fermer sa base toulousaine au printemps prochain, emploie déjà 200 salariés à Bordeaux où elle a basé quatre avions.