Elle a hérité ce dossier brûlant de ses prédécesseurs, mais c'est bien Christine Bost, la présidente socialiste de Bordeaux Métropole, qui aura à dénouer financièrement et politiquement l'impasse dans laquelle se trouve le Stade Matmut Atlantique. Car avec 20 millions d'euros de pertes cumulées depuis 2015, soit 13,5 millions de plus que prévu, l'exploitant du stade SBA ne cesse de brandir la menace d'un dépôt de bilan sans être jamais passé à l'acte. Mais, malgré ses deux actionnaires de référence que sont les groupes Vinci et Fayat, SBA a demandé l'ouverture le 15 décembre dernier d'une procédure de conciliation devant le tribunal de commerce de Nanterre. Cette procédure d'une durée de deux mois s'ajoute à la dégringolade financière et sportive des Girondins de Bordeaux, le club résident, ainsi qu'au non renouvellement du contrat de naming après 2025 et à l'absence totale de grands évènements en 2025 et 2026.
Un tableau tellement sombre qu'il semble convaincre tous les acteurs du dossier que, cette fois, la perspective d'un dépôt de bilan de SBA au printemps est inévitable. Il faut dire qu'après des années de discussions et une tentative de conciliation amiable, le modèle économique reste structurellement déficitaire pour l'exploitant. La conciliation, qui s'est soldée par un échec fin 2023, proposait à la Métropole de verser 1,6 million d'euros par an en plus à SBA qui, en contrepartie, aurait renoncé à tout bénéfice ultérieur. Selon les trois conciliateurs, il n'était pas possible de rééquilibrer le contrat sans augmenter la contribution de la Métropole, ce qui n'avait rien d'obligatoire mais répondait à un souci de réalité économique et de continuité d'exploitation. De quoi satisfaire SBA mais pas Bordeaux Métropole qui ne proposait de verser que 1,1 million d'euros supplémentaires. Un désaccord de 500.000 euros annuel qui a acté le divorce et la fin des discussions.