Avec l'arrêt de la navette vers Paris-Orly pendant la crise sanitaire puis le départ de Ryanair fin 2024, l'aéroport de Bordeaux-Mérignac est l'une des rares plateformes régionales à n'avoir pas encore récupéré son trafic de 2019. Mais c'est aussi, avec Lille, l'un des deux derniers grands aéroports sans encadrement des vols de nuit. Résultat : malgré un trafic moindre, le nombre de vols de nuit a bondi de 30 % entre 2019 et 2023, au grand dam des riverains dans une métropole qui gagne 10.000 habitants par an.
Une situation devenue intenable qui a poussé le préfet de région à engager une « étude d'impact selon l'approche équilibrée » sollicitant l'avis de 56 parties prenantes. « L'objectif est de revenir en 2029 à un niveau de nuisances sonores inférieur à celui de 2019, tout en limitant l'impact sur l'économie régionale et les perspectives de développement de l'aéroport », résume Etienne Guyot, le préfet de région. Il a présenté ce mercredi 29 janvier le cadre retenu parmi les six scénarios explorés ces derniers mois.
En l'occurrence, il est recommandé de plafonner les nuisances sonores à 13 EPNdB (Effective Perceived Noise Decibel) à l'atterrissage et à 15 EPNdB (décollage) de 22 heures à minuit puis à 17 EPNdB de minuit à 6 heures du matin. Les EPNdB certifient le niveau de bruit perçu au sol lors du passage d'un avion. « Cela fera de Bordeaux l'aéroport régional le plus strict sur les nuisances sonores des vols de nuit puisqu'un niveau de 17 EPNdB n'autorise que les avions les plus récents, les A320/21-Neo et les B737-Max, ce qui exclut de fait 75 % des vols actuellement opérés entre minuit et 6h », traduit Valentin Rajon-Bernard, consultant au cabinet To70 qui a réalisé l'étude.