INFOGRAPHIE. Un marché en panne. Après quatre années de croissance, l'immobilier de bureaux enregistre un repli brutal de 31 % sur un an. Mais les professionnels espèrent un léger rebond dès 2025 grâce au retour des grands comptes. Sur le segment des locaux d'activité et des entrepôts, la dynamique est déjà palpable.Avec seulement 118.000 m2 échangés en 2024, le marché du bureau dans l'agglomération bordelaise est en baisse de 31 % sur un an en volume. Cet exercice, le plus faible en volume annuel depuis 2016, est également en repli de 17 % par rapport à la moyenne décennale et souffre d'un premier semestre particulièrement faible avec seulement 55.000 m2 placés. Une tendance que l'on retrouve dans la quasi-totalité des grandes agglomérations françaises.
« Le contexte politique et économique n'est pas propice à la prise de décisions des entreprises, particulièrement les plus grandes qui révisent leurs stratégies immobilières de moyen et long terme dans un environnement contraint », juge Nathalie Le Bolc'h, vice-présidente de l'Observatoire de l'immobilier d'entreprise à Bordeaux Métropole (OIEB). « On constate aussi que les entreprises consomment moins de surfaces mais de meilleure qualité. »
De fait, ce sont les transactions de plus de 1.000 m2 qui souffrent le plus, avec un nombre d'opérations divisé par deux, tandis que le cœur du marché bordelais, situé entre 500 et 1.000 m2, a encore bien fonctionné en 2024.
Un ajustement de l'offre et de la demande
Avec plus de 280.000 m2 disponibles à un an, un volume en hausse de 30 %, l'écart entre l'offre et la demande de bureaux sur la place bordelaise n'a jamais été aussi grand. Mais pas de quoi inquiéter Cédric Chaignaud, le vice-président de l'OIEB, au regard du faible niveau de projets actuellement dans les tuyaux : « Nos projections tablent sur une offre neuve certaine de seulement 12.500 m2 en 2026 puis 6.500 m2 en 2027 alors que le marché consomme en moyenne plus de 50.000 m2 de bureaux neufs chaque année. On anticipe donc que l'offre neuve sera insuffisante dès 2026/2027 ». Ce sont donc les bureaux de seconde main, qui représentent les deux tiers de l'offre disponible à un an, qui prendront le relais.