« Vous êtes en train de travailler pour le patronat les gars ! », lance, exaspéré, un habitant de Parempuyre à la soixantaine de dockers CGT venus ostensiblement soutenir l'implantation d'une usine de traitement de métaux critiques en bord de Garonne, 15 kilomètres au nord de Bordeaux. Près de 350 personnes étaient présentes ce lundi 12 mai pour la clôture du débat public sur le controversé projet EMME (Electro mobility materials Europe). Et les cartons rouges brandis silencieusement par les collectifs d'habitants ont répondu au soutien bruyant des salariés du Grand port maritime de Bordeaux.
Car c'est sur un terrain du port, situé le long de l'estuaire de la Gironde, qu'est projetée cette énorme raffinerie. Sur une trentaine d'hectares, dont 2,5 déjà artificialisés par un quai et une plateforme, il est question de transformer du nickel, du manganèse et du cobalt de l'état métallique à l'état chimique pour alimenter le marché européen des batteries électriques.
Et c'est bien cette localisation en zone inondable qui cristallise les débats où s'expriment deux approches du développement du territoire visiblement irréconciliables. « Pas question d'accepter ce projet ! Ce n'est pas le bon endroit, c'est un non-sens total aux yeux des textes existants et de la jurisprudence française et européenne », prévient Fred Beaujean, porte-parole du collectif d'habitants Alerte Seveso Bordeaux Métropole.