Un timide premier pas vers le réemploi dans le bâtiment à Bordeaux Métropole
Hélène Lerivrain
Les premiers signataires de la charte d'engagement en faveur de l'économie circulaire et du réemploi dans l'aménagement et la construction à l'échelle de Bordeaux Métropole.
Après Toulouse, Strasbourg ou le Grand Paris, Bordeaux Métropole et sept partenaires ont signé, ce jeudi 28 août, une charte d’engagement en faveur de l’économie circulaire et du réemploi dans l’aménagement et la construction. Un document sans objectifs chiffrés ni contraintes.
Il y avait déjà le label du bâtiment frugal bordelais, qui peine encore à se matérialiser sur le terrain. Il y a désormais une charte d'engagement en faveur de l'économie circulaire et du réemploi dans l'aménagement et la construction à une échelle plus large, celle de la métropole bordelaise. Le document a été signé ce jeudi 28 août par huit acteurs publics et parapublics du territoire : Bordeaux Métropole, l'EPA Bordeaux Euratlantique, le grand projet de ville Rive Droite, les aménageurs Bordeaux Métropole aménagement (BMA) et La Fab ainsi que les bailleurs sociaux Domofrance, Aquitanis et InCité.
Tous souhaitent intégrer durablement les principes de l'économie dans leurs pratiques. Mais, à ce stade, ne figurent que des donneurs d'ordre parmi les signataires. « L'idée est de dessiner un horizon et de fixer des objectifs à partir de ceux qui donnent les ordres. Mais cette charte n'aura aucune matérialité si elle n'embarque pas plus largement après », reconnaît Jean-Baptiste Thony, conseiller métropolitain délégué à l'économie circulaire et la propreté. Contactée par La Tribune, la Fédération française du bâtiment (FFB) de Gironde salue la démarche et espère y être associée rapidement. « Les acteurs du BTP seront associés dès que possible », assure Jean-Baptiste Thony.
Les enjeux sont connus. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le secteur du BTP génère 224 millions de tonnes de déchets, ce qui correspond à près de 70% de la production de déchets en France. Dans ce contexte, et alors que plusieurs évolutions réglementaires ont renforcé la prise en compte de l'économie circulaire dans la construction et la rénovation des bâtiments, chacun des signataires a déjà avancé sur le sujet.
La Fab, notamment, qui a développé deux outils opérationnels, à savoir une plateforme numérique (Refair) qui répertorie les matériaux issus des chantiers de déconstruction sur le territoire métropolitain ainsi qu'une plateforme physique, la Base du Réemploi à Mérignac, qui accueille depuis novembre 2023 des activités de stockage, de reconditionnement et de vente de matériaux de réemploi.
Mais l'idée est désormais d'avancer collectivement pour faire émerger une culture commune, lever des freins techniques, juridiques ou assurantiels, partager des apprentissages, des outils et écrire une méthodologie commune. « Le processus d'accélération passe par la mutualisation avec Bordeaux Métropole en chef d'orchestre », assure Valérie Lasek, la directrice générale de l'EPA Bordeaux Euratlantique, pour qui il faut désormais changer d'échelle.
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Parmi les réalisations « exemplaires » citées, Canopia est un projet de transformation urbaine mené par Apsys en lien avec l'EPA. « Des bâtiments en pierre ont été déconstruits pierre par pierre pour pouvoir sortir quelques belles poutres en chêne que BMA utilisera sur un autre chantier », illustre Valérie Lasek. « Il y a aussi ce projet qui consiste à récupérer des terres excavées pour en faire des briques de construction, mais il faut trouver un débouché rapide. C'est pour cela que nous avons besoin d'une massification et de cette logique de mutualisation. »
À ce stade, la charte n'impose en revanche pas d'objectifs chiffrés. Elle n'est pas contraignante. « C'est encore trop tôt », répond Jean-Baptiste Thony. La prochaine étape consistera à réunir un comité technique, constitué d'un référent par structure.