Le logement neuf touche le fond en Gironde mais montre des signes de reprise

Maxime Giraudeau

L'offre commerciale de logements neufs a encore plongé en 2024 en Gironde.
Agence APPA

Maxime Giraudeau

L'offre commerciale de logements neufs a encore plongé en 2024 en Gironde.
Agence APPA
Le plus grand département de France dépasse tout juste la barre des 2.000 logements neufs mis en vente en 2024. Soit -19 % par rapport à 2023, année déjà noire pour le secteur de la construction en Gironde. L'offre commerciale de biens neufs est-elle en repli de -16 %. Deux chiffres parmi tant d'indicateurs qui montrent à l'unisson que le logement neuf a encore plongé. « On est sur des niveaux historiquement bas en nombre d'autorisations d'urbanisme. Et comme il y a très peu de ventes, des projets risquent encore d'être abandonnés », commente Christophe Duportal, le président de l'Observatoire de l'immobilier du Sud-Ouest.
Plusieurs dizaines de représentants de la filière se sont pressées ce 14 février à Bordeaux pour connaître les chiffres 2024 du logement neuf et du terrain à bâtir. Et comme depuis plusieurs années désormais, ils constatent des records de baisse. En Gironde, l'offre commerciale de logements neufs s'établit à 3.233 unités, en recul de -16 % et aux deux tiers concentrées sur la métropole bordelaise. Les programmes ont du mal à sortir, comme en témoignent les 46 % de projets de construction qui stagnent en phase de conception. « Le volume d'immobilisations financières est extrêmement important, cela casse le flux et la dynamique d'investissement », note le président de l'observatoire.
Le marché du terrain à bâtir est lui en perdition. Seuls 773 ensembles fonciers se sont vendus en 2024 sur toute la Nouvelle-Aquitaine, en recul de -28 %. La demande est si faible que les vendeurs disposent de trois ans de stock, alors même que le niveau d'offre commerciale n'a jamais été aussi bas.
Une bonne nouvelle tout de même : la demande retrouve des couleurs avec 1.718 ventes de logements neufs conclues en Gironde. La hausse s'élève à +27 % par rapport à 2023. Mais le volume est encore deux fois inférieur au niveau d'avant-crise.
La baisse des taux d'emprunt pourrait enfin permettre de décoincer pour de bon la machine. Les situations sont contrastées entre les grandes villes. Les ventes en volume dans les métropoles sont ainsi en hausse de 36 % à Bordeaux, 15 % à Toulouse et 13 % à Nantes. Lyon (-36 %) et Montpellier (-29 %) ne voient en revanche pas encore le bout du tunnel.
« Nous constaterons vraiment les effets de la logique baissière des taux en 2025. Tous les acteurs attendent avec impatience la loi de finances, avec l'élargissement du Prêt à taux zéro et la possibilité de la donation par la famille pour constituer un apport lors d'un achat immobilier », déclare à La Tribune Christophe Duportal.
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La reprise qui frémit est en particulier portée par le logement social. 4.911 logements ont ainsi été agréés en 2024 en Gironde, tout proche du plus haut historique enregistré en 2017 (5.394 logements). Cet essor trouve son origine dans le soutien des collectivités, la montée en puissance du Bail réel solidaire (BRS) avec 320 mises en ventes (+49 %) et du Prêt locatif social (PLS).
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« L'année 2024 est une vraie année de rebond pour le logement social sur notre territoire, affirme Julien Costille, vice-président de l'observatoire et directeur du développement du bailleur Clairsienne. Des opérations prévues en accession libre ont été converties en logement social grâce aux programmes de Bordeaux Métropole et de l'Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine. » Les perspectives d'un rebond consolidé sont pourtant très contrastées. « La baisse du taux du livret A est une bonne nouvelle, mais après une période de financements exceptionnels importants, on a de grosses incertitudes sur la capacité des collectivités à poursuivre les opérations en faveur de notre secteur », évalue-t-il.
Maxime Giraudeau