Immobilier : pourquoi les prix bordelais ne s'effondreront pas dans le neuf (13/14)

Jean-Philippe Déjean

Arnaud Roussel-Prouvost, président de la Fédération des promoteurs immobiliers en Nouvelle-Aquitaine
Agence Appa

Jean-Philippe Déjean

Arnaud Roussel-Prouvost, président de la Fédération des promoteurs immobiliers en Nouvelle-Aquitaine
Agence Appa
Si le logement neuf ne représente globalement qu'un tiers du marché immobilier, il reste un des plus puissants vecteurs du déploiement de la ville. Président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de Nouvelle-Aquitaine, Arnaud Roussel-Prouvost suit l'évolution de ce sujet à la loupe. Pour lui, la bonne nouvelle de ce premier semestre 2019 est que la vente de logements neufs a progressé de +9,3 % par rapport à la même période en 2018.
Et cette orientation positive du marché réserve en plus une bonne surprise pour les promoteurs :
Bordeaux Métropole a l'image d'un marché immobilier ravagé par les flammes d'une spéculation sans entrave. Pourtant aucun mécanisme baissier n'est encore venu contre-carrer cette poussée inflationniste, largement alimentée par le marché de l'ancien. Et le retour à une certaine stabilité n'est semble-t-il pas pour demain car aucune correction à la baisse ne semble pointer à l'horizon. Parce que Bordeaux Métropole est victime d'une attractivité qui ne se dément pas. "Les investisseurs dans le neuf continuent à parier sur Bordeaux Métropole à cause de son fort dynamisme. Il y aura sûrement un tassement des prix mais pas de baisse, à cause du niveau très élevé des aménités qu'offrent Bordeaux et sa métropole et qui sont un gage quant à la solidité de la valeur patrimoniale de l'immobilier sur ce marché" décrypte Arnaud Roussel-Prouvost. Encore que le patron régional de la FPI nuance son propos en rappelant que, grâce à la loi Pinel et en fonction des quartiers, "certaines rentabilités risquent d'être réduites". Mais le dynamisme bordelais est d'autant plus fort, selon lui, que le port de la Lune est lui-même emporté par une dynamique qui électrise tout l'Arc Atlantique du pays.
Ce tableau annoncé sans nuage par la profession ne serait pourtant pas complet s'il ne comportait pas sa part d'ombre. Et dans l'immobilier, à Bordeaux comme dans les autres villes, cette dernière a presque toujours la même origine puisqu'elle vient de la réticence qu'ont les maires à faire construire de nouveaux logements quand s'approchent les élections municipales.
Cette menace d'un effondrement des ventes ne crève pas encore les yeux puisque dans le même temps le niveau des stocks de logements neufs, au 1er semestre 2019, représente entre 9 et 10 mois de commercialisation. Ce qui est dans la bonne moyenne, au moins sur le papier.
Si ce souhait semble utopique, il correspond à une préoccupation récurrente des promoteurs immobiliers. Les maires des communes métropolitaines (toujours hors Bordeaux) ayant selon ces professionnels du mal à mettre en acte la construction de logements. Pour éviter une flambée des prix dans le neuf, Arnaud Roussel-Prouvost en appelle au rapprochement entre élus et professionnels de l'immobilier tel que l'ont voulu en mai 2018 Alain Juppé, alors maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, et Jacques Mangon, maire de Saint-Médard-en-Jalles, vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l'urbanisme réglementaire et de la stratégie foncière.
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Cet article est issu du vaste dossier consacré à l'immobilier tertiaire paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 27 septembre. Déjà paru sur notre site :
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