Pour tenter de juguler la flambée des prix de l'immobilier ces dernières années dans l'agglomération, la ville de Bordeaux encourage les projets en bail réel solidaire, permettant d'acheter à des prix accessibles en dissociant la propriété du foncier de celle du bâti. Sur le marché locatif, en plus de l'encadrement des loyers en vigueur depuis le 15 juillet 2022, c'est un autre dispositif de démembrement de la propriété qui a fait son apparition sur le marché bordelais : l'usufruit locatif social ou intermédiaire.
Le principe de ce mécanisme créé en 2006 ? Dissocier temporairement la propriété du bien immobilier de son usage réel. Cela permet à des acquéreurs, particuliers ou institutionnels (banques, assurances, mutuelles, fonds de pension, etc.) de devenir propriétaire d'un appartement avec une décote de l'ordre d'un tiers par rapport au prix de marché : soit, par exemple, 165.000 euros au lieu de 250.000 euros. En contrepartie, l'usufruit locatif du logement est cédé pendant 15 à 20 ans à un bailleur social qui perçoit les loyers dont le montant est fixé par la loi à des niveaux inférieurs au marché. En clair, cela permet de mettre sur le marché des logements locatifs sociaux ou intermédiaires pendant une vingtaine d'années en mobilisant l'épargne privée au lieu de l'argent public.
Dans le sillage de Perl, l'acteur historique qui a défriché le marché français dans les années 2000, Inter Invest s'est mis à l'usufruit locatif en 2018 et compte déjà trois programmes à Bordeaux. Le premier - Héritage Saint-Michel, réalisé avec Idéal Groupe et CDC Habitat - a été livré début 2020 tandis que le second - Square Saint Louis avec Linkcity, Nhood et Domofrance - l'a été fin 2022 avec 130 studios étudiants proposés en usufruit locatif. Désormais, c'est sur la rive droite qu'Inter Invest s'est associé avec Cardinal Promotion et Vilogia Privilège pour une nouvelle opération de 59 appartements du studio au cinq pièces proposés en usufruit locatif intermédiaire.