« Quand il fait chaud, j'entends les murs craquer » : le fléau croissant des maisons fissurées
Emmanuel Langlois
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Photo d'illustration
Véronique Estève
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Véronique Estève
Des fissures qui s'agrandissent d'année en année sur les façades ou au sol, sous le carrelage ou sous les toits, une maison qui s'affaisse, c'est le cauchemar vécu par Véronique Estève. « Quand il fait chaud, j'entends la maison craquer. J'ai vu tomber des briques des cloisons dans les couloirs et du plâtre du plafond de la chambre, témoigne cette habitante de Chancelade, près de Périgueux, en Dordogne. Je ne peux plus ouvrir la porte de ma véranda parce que le sol a bougé. Chaque année, ça s'aggrave et je n'ai absolument pas les moyens d'engager des réparations. »
Contrairement à toutes celles qui l'entourent, la commune de Chancelade n'a pas été déclarée en état de catastrophe naturelle après la sécheresse de 2022. L'assureur de Véronique Estève, la MAIF, ne lui remboursera donc pas un centime !
C'est pour obtenir ce fameux arrêté que se bat depuis cinq ans Pascal Serre, le maire. Sa commune compte près de 200 maisons fissurées à cause de ce problème retrait-gonflement des argiles (RGA), soit 7 % de son patrimoine total. Plus largement, la Nouvelle-Aquitaine est la troisième région la plus concernée par cette typologie de sinistres derrière le Centre-Val de Loire et l'Occitanie.
L'édile a donc déposé un recours contre l'État auprès du tribunal administratif de Bordeaux, au motif que « les critères d'analyse de la nature du sol sont obsolètes. Ils datent d'il y a plus de 30 ans, voire 50 ans et ne prennent pas en compte le dérèglement climatique en cours depuis une vingtaine d'années. Une réforme est prévue mais elle est bloquée entre l'Assemblée et le Sénat car les compagnies d'assurances font du lobbying ! Si elle est positive, j'espère que la décision fera jurisprudence car au-delà des réglementations, ce sont des drames humains. »
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Aujourd'hui, cartographie à l'appui, Pascal Serre informe de ces risques géologiques toute personne qui dépose une demande de permis de construire dans sa commune. Au niveau national, le gouvernement a lui mis en place le portail Géorisques.
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