Ford Aquitaine Industries : les syndicats corrigent le plan du groupe Punch

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
La dernière réunion organisée à la préfecture de la Gironde montre que gouvernement, services de l'Etat, syndicats et élus veulent que l'usine Ford de Blanquefort, spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, qui emploie aujourd'hui 872 salariés, soit reprise pour rester en activité. Alors que Ford Motor Company (FMC) privilégie la fermeture de l'établissement (qui n'a jamais perdu d'argent) avec à la clé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), arguant du fait qu'aucun repreneur assez solide n'a pu être trouvé.
Du côté des salariés, comme l'a confirmé Philippe Poutou, délégué CGT, les plus âgés (à partir de 55 ans) préfèreraient jouer la carte du PSE et d'un départ en préretraite plutôt que de remettre le couvert avec un nouveau repreneur. Personne n'a encore précisé combien de préretraités pourraient être concernés. Au global, en incluant des transferts dans l'usine voisine GFT (Getrag Ford Transmission - groupe Magna), 472 salariés pourraient quitter FAI, laissant au repreneur un effectif de 400 personnes. Le plan de reprise divulgué par le groupe belge Punch, seul candidat connu pour la reprise de FAI, prévoirait le transfert de 150 salariés de FAI à GFT.
Ce plan de reprise est au centre de l'attention des syndicats de FAI qui se réuniront le lundi 5 novembre pour établir une plateforme revendicative, qui doit corriger de façon très substantielle la première offre faite par Punch. Autre grand moteur historique depuis dix ans, avec la CGT, de la lutte pour le maintien du groupe Ford dans l'usine de Blanquefort, le syndicat CFTC, représenté par Jean-Luc Gassies, secrétaire adjoint au comité d'entreprise de FAI, exige des clarifications poussées sur la façon dont Punch anticipe le futur économique de l'usine.
"... Avant toute chose nous devons avoir eu l'analyse du cabinet d'expertise Sécafi Alpha du comité d'entreprise de Ford Aquitaine Industries sur le business plan (plan de financement initial, compte de résultat prévisionnel, seuil de rentabilité, plan de trésorerie, plan de financement à 3 ans, étude de marché, concurrence, prix, plan commercial, fournisseurs, risques, plan de personnel, écarts des coûts de main d'œuvre selon Punch...)" égrène ainsi la CFTC.
Un niveau de précision qui aurait sans doute été apprécié dans le dossier de reprise par le fonds d'investissement américain GACP du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB)...
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Comme ils l'avaient déjà évoqué, les syndicats réclament par ailleurs la création de comptes séquestres abondés par Ford et compartimentés, pour permettre le retrait des fonds au fur et à mesure des investissements mais aussi la garantie des mesures sociales en cas d'échec de la reprise. Les syndicats veulent aussi que le constructeur automobile américain s'engage sur la période 2019-2026 notamment via une continuité d'exploitation dans le même cadre juridique, avec maintien de 400 contrats de travail à durée indéterminée.
À lire également
Ils refusent également que leurs droits sociaux soient remis en question. La CFTC insiste sur les conditions qui seront faites aux préretraités mais aussi pour que la période de chômage partiel, qui devrait toucher l'entreprise en 2019 et 2020, soit prise en charge par l'Etat, qui doit également être garant de la reprise. Il faudra attendre le 5 novembre pour connaître l'ampleur des modifications du plan de reprise exigées par l'intersyndicale de FAI.
Jean-Philippe Déjean
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur