Ford Aquitaine Industries : finalement la Direccte se prononcera le 28 janvier sur le PSE

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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Finalement ce vendredi 11 janvier, la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi) de Nouvelle-Aquitaine n'a pas homologué le plan de sauvegarde de l'emploi prévu par Ford dans sa filiale girondine Ford Aquitaine Industries (FAI). Le PSE doit se conclure au mois d'août prochain par la fermeture de cette usine spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques (6F35), qui emploie encore 850 salariés. La Direccte a finalement annoncé qu'elle avait jusqu'au 28 janvier prochain pour se prononcer sur le PSE de Ford. Ce délai supplémentaire ne sera pas de trop si l'on en croit la CGT, membre de l'intersyndicale avec la CFE-CGC et FO, pour essayer de trouver une solution alternative à cette fermeture.
En cas de non décision sur le PSE à la fin du mois, le syndicat annonce qu'il essaiera de trouver un moyen d'agir, sachant qu'alors "c'est la décision de ne pas homologuer le PSE qui deviendra primordiale pour obtenir encore et encore du temps afin de mettre un coup de pression sur Ford" résume-t-on à la CGT. L'intersyndicale attend naturellement beaucoup de l'Etat, le gouvernement ayant ouvert la porte à un éventuel rachat temporaire de l'usine avant de revendre cette dernière au repreneur. Mais rien n'est encore décidé.
Ford s'oppose à toute reprise de l'usine et le constructeur automobile américain a récemment décidé de mettre les points sur les i, inscrivant sa volonté de fermer l'usine Ford Aquitaine Industries au premier rang de ses actions stratégiques complémentaires pour redresser son activité en Europe. Le groupe Ford emploie en Europe 53.000 salariés, chiffre qui monte à 68.000 quand on y ajoute les coentreprises et activités non consolidées. La stratégie du groupe, d'une simplicité biblique, consiste à augmenter la part des segments de marché les plus profitables et à réduire celle des marchés les moins porteurs.
Le groupe va déployer cette stratégie européenne, qui implique un important volet de réduction des coûts, sur les exercices 2019-2020. Avec à la clé un objectif de simplification de l'organigramme du groupe en Europe qui va se traduire par une réduction drastique du nombre de salariés, ressort désigné par la direction comme central pour obtenir une baisse structurelle des coûts de production. Ce que Ford désigne comme sa capacité à se montrer agile, étant entendu que le constructeur automobile veut favoriser les séparations à l'amiable.
Ford confirme également qu'il veut en finir avec la production des boîtes de vitesses C-Max et Grand C-Max en Allemagne (Saare), à Saarlouis, et ne remet sur la sellette, sur le plan des coentreprises, que Ford Sollers, créée en Russie avec Sollers PJSC. Le groupe de Détroit égrène par ailleurs toutes sortes de difficultés qui pourraient lui arriver au cours de 2019. Ford s'attend ainsi éventuellement à des litiges d'une ampleur exceptionnelle, à des enquêtes gouvernementales ou encore à la montée en puissance d'une communication hostile à la marque. Il semble bien que ce chapitre des risques ait été ouvert.
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