La chasse à la réindustrialisation est ouverte ! Si l'on connaissait jusqu'ici la concurrence internationale qui a causé le déclin de l'industrie française, voici qu'arrive un autre affrontement qui s'annonce tout aussi sportif : la bataille des régions. Avec les enjeux de relocalisation de productions stratégiques, chaque territoire y va de sa parade pour s'attirer les faveurs des industriels. Un numéro auquel le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine aime particulièrement s'adonner.
Pour l'heure, il a échoué à capter une gigafactory - ces sites d'une centaine d'hectares aux gigantesques capacités de production - et c'est peut-être tant mieux. Que ce soit dans le domaine photovoltaïque avec Carbon qui est parti s'installer à Fos-sur-Mer, ou dans la mobilité électrique, les velléités politiques se heurtent à la réalité des bassins d'emploi et de la disponibilité du foncier. Mais malgré ce revers, la région n'a pas à rougir de sa filière batterie. Si les grands fabricants sont concentrés dans les Hauts-de-France, les acteurs régionaux font aujourd'hui partie d'un territoire de pointe et diversifié.
L'on peut citer le fleuron Saft qui conçoit et fabrique des batteries intégrées à Bordeaux et Poitiers, ainsi que le démonstrateur et centre de recherche de son entreprise sœur ACC à Bruges et Nersac. Des sites qui s'adressent aux marchés aéronautique, ferroviaire ou des mobilités urbaines. Forsee Power fabrique quant à lui au nord de Poitiers des batteries pour les bus, poids-lourds et motos. À l'autre bout du processus, Orano travaille sur la partie recyclage des composants et métaux précieux en Haute-Vienne. Il y a aussi des startups, à l'image de Gouach qui planche sur la réparabilité des cellules.